Fuck up est un livre assez inattendu tant son narrateur oscille entre plusieurs états d’esprit. En effet, ce jeune homme d’une vingtaine d’années ( dont on ne connaîtra jamais l’identité) est à la fois roublard, opportuniste, menteur autant qu’il peut être lucide, attentif et concerné par les autres par moments. Son itinéraire sur New-York est autant celui d’un clochard céleste à la Kerouac qu’un je m’en foutiste branleur à la Bukowski. D’où l’atmosphère ambivalente du livre entretenue avec maestria par Arthur Nersessian, où les situations comiques ( comment l’anti-héros fait croire qu’il est gay pour trouver un emploi et finalement monter une arnaque pour détourner de l’argent des recettes d’un cinéma porno) d’alternant avec des moments tendres ( complicité du narrateur avec un traducteur d’origine polonaise ou une femme d’affaires assez perturbée, elle aussi). Vous sentez une intelligence dans l’écriture, la façon d’exposer les scènes et l’ambiance de ce New York de la fin des années 70/80. À lire absolument.