Frank, en quête d'aventures et de sensations fortes, prend possession d'une boîte : la boîte de Lemarchand, une sorte de clé qui ouvre un passage vers une dimension, un royaume dominé par les Cénobites, des explorateurs des limites des sensations humaines… Ceux qui l'activent, comme Frank, espèrent tutoyer l'extase absolue, mais ils comprennent rapidement que ces entités ont une conception particulièrement radicale de la jouissance.
Lorsque j'étais adolescente, j'ai vu l'adaptation. Je n'avais pas compris et mon père m'avait dit que c'était parce que l'histoire d'amour y était complexe. Mouais.
Si histoire d'amour il y a, c'est un amour gangrené. Personnellement, je pense que Clive Barker ne raconte pas une romance, mais plutôt une quête insatiable où chaque personnage court après une illusion qui finira par le dévorer.
Frank cherche le plaisir ultime, mais dans sa soif insatiable de sensations, il plonge dans un abîme de douleur. Julia, elle, rêve d'un amour passionné et s'accroche désespérément à l'image d'un homme qui ne l'a jamais aimée. Rory, figure conventionnelle, croit qu'un foyer et une épouse suffisent à construire le bonheur, sans jamais voir la frustration qui ronge Julia. Quant à Kirsty, elle idéalise la vie de Julia, persuadée que cette dernière incarne une forme de bonheur accompli, sans se douter que derrière cette façade de satisfaction bourgeoise, tout se consume dans l'ennui.
Personne ne trouve ce qu'il cherche. Selon moi, le roman est moins une histoire d'amour qu'un récit sur le vide de l'existence, dont la réponse est un monde de souffrance extrême.
Sans dévoiler les destins, Barker laisse quand même entrevoir une échappatoire...