Hollywood Babylone de Kenneth Anger, c’est du tabloïd pur jus. Un ragoût de ragots plus ou moins vérifiés, un best-of de tout ce que l’Hollywood des années 20 à 50 a produit de plus craspec, dégénéré, sordide ou simplement grotesque. Le livre sort en 1965 et balance tout : anecdotes douteuses, scandales enterrés, morts louches, vices privés. On en apprend des vertes et des pas mûres, ça se lit tout seul, et ça ne mange pas de pommes.
Pris pour ce que c’est — une chronique people gonflée au vitriol — c’est franchement divertissant. Mais le plus intéressant, c’est son écho dans le film Babylone de Damien Chazelle. Le long-métrage tire clairement une forme d’exégèse de ce bouquin : on retrouve des clins d’œil évidents, notamment dans les scènes d’ouverture où l’excès et la décadence deviennent presque une esthétique. Pour moi, Hollywood Babylone a été la clé d’entrée parfaite pour comprendre d’où Chazelle tirait cette énergie baroque, poisseuse, fascinante.
Maintenant, soyons honnêtes : ça reste du ragoût people. Si vous cherchez du factuellement bétonné, passez votre chemin. Si vous cherchez le plaisir coupable d’un vieux magazine à potins qui aurait viré hardcore, vous êtes au bon endroit.
Je lui colle un bon 6 : pas révolutionnaire, mais diablement efficace dans son genre.