Innocentines
6.7
Innocentines

livre de René de Obaldia (1969)

D’Obaldia, j’avais plutôt aimé les quelques pièces de théâtre que j’avais lues. Alors des « poèmes pour enfants et quelques adultes » — c’est le sous-titre du recueil, qui comporte en outre une saynète en vers — pourquoi pas. Après tout Prévert a pu produire des textes dans ce goût-là intéressants à plusieurs niveaux. Problème des "Innocentines" : on ne sait plus trop, en fin de compte, si c’est écrit pour les enfants, ou à leur manière.
La majorité des pièces du recueil seraient émouvantes ou mignonnes — j’adore ces mots, appliqués à l’art… — si elles venaient d’écoliers : « À Jérusalem | On pleure toute la semaine. || À Calcutta | Calcule ce que t’as ». (C’est dans « Liberté », et il y a vingt-six distiques de ce tonneau.) Écrites par un adulte, et étendues sur plus de deux cents pages, elles ennuient surtout, et dégagent parfois un léger parfum de patronage et / ou d’atelier pédagogique.
Après, je ne reprocherai pas aux "Innocentines" d’aborder des sujets variés, ni de mettre l’accent sur ce qui fait le cœur de la poésie, c’est-à-dire le mot, mais il reste une énorme faille entre leur ambition et leur portée.
Alcofribas
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le 10 janv. 2015

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