Certains livres vous prennent à bras le cœur, vous caressant de leurs mots, vous transportant d’émotions, vous donnant une envie folle de découvrir des lieux, de vous imprégner d’une culture. Certains livres vous laissent également une trace indélébile, mélange de joie et de profonde tristesse. Certains livres enfin, vous tiennent en otage et il est impossible de les lâcher sans en connaître la fin, tout en freinant la lecture de peur qu’elle survienne. « Jacob, Jacob » réussit le miracle de combiner tout cela à la fois. Valérie Zenatti construit son roman autour d’une personnalité extraordinaire, celle de Jacob, qui ne se contente pas d’être intelligent, bon et beau, mais se pose comme une espèce de pont symbolique entre deux mondes (l’avant et l’après guerre) deux univers (l’Algérie et la France). Il devient un alors un personnage clé qui va irradier sur l’une des périodes les plus troubles pour la France (l’époque coloniale, la guerre 39/45, celle d’Algérie). S’il fallait donner un visage au soldat inconnu, ce serait celui de Jacob tant son humanisme, ses failles (il n’est qu’un jeune homme) et ses qualités d’analyses en deviennent exemplaires. Bien plus qu’un simple fait anecdotique, le roman prend ici des allures d’un incroyable condensé des drames qu’ont vécues ces populations. La structure littéraire, très simple et fluide, contribue à aller à l’essentiel du discours, celui du cœur. Et du cœur, ce livre en regorge ! L’amour d’une mère aussi fort que celui d’un fils, l’amour de la famille, des amis de voisins de toute une communauté où le mot solidaire n’est pas un affichage de façade. Et si les conditions de vies étaient difficiles et précaires, ces femmes et ces hommes luttaient ensemble avec pour seule ambition un bonheur simple. Valérie Zenatti leur rend ici un bel hommage, et nous rappelle discrètement qu’à une époque, musulmans, chrétiens et juifs vivaient en bonne intelligence. Ce n’était pas l’apanage de la colonisation (loin s’en faut !), mais plutôt une quiétude séculaire qui faisait que chacun se respectait. Autre temps, autres mœurs…
Fritz_Langueur
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le 2 févr. 2015

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Fritz Langueur

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