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le 14 sept. 2012
Il y a des livres qui, par leur simple existence, deviennent les témoins de moments précieux, figés dans le temps.
Jessie de Stephen King, pour moi, est l'un de ces livres. Je me souviens encore de l'été où je l'ai découvert, le mois d'août de mes 15 ans, où le soleil frappait fort et où l'air semblait lourd. Pour échapper à la chaleur, je me réfugiais dans le sous-sol de la maison de ma grand-mère, un endroit frais et ombragé. Là, dans ce coin tranquille, j'étais assise à une vieille table en bois, un panier de haricots verts frais du jardin à écosser sur le torchon rayé, les sauterelles et les abeilles qui s'agitaient derrière la fenêtre semi-enterrée, les fougères dans les bois derrière la maison avec ses sentiers de cailloux nacrés, les saveurs de glace aux mûres fait maison, les fraises des bois, les odeurs de thym, de persil et de lavande et l'horloge dans ce silence, qui s'exprimait. Mes jeans larges où Jessie avait sa place dans ma poche arrière. Le roman ne me quittait jamais.
Jessie c'est ça. Je le possède toujours ce livre.
« La tronçonneuse, qui s'était remise à vrombir depuis un bon moment, s'arrêta brusquement. Le chien, le plongeon et même le vent s'étaient tus également, du moins pour l'instant, et le silence tomba, épais comme la poussière accumulée au cours des ans dans une maison abandonnée. Jessie n'entendait aucun bruit de voiture ni de camion, même au loin. Et la voix qui s'éleva alors n'appartenait à personne d'autre qu'à elle-même. Oh, mon Dieu ! s'exclama-t-elle. Oh, mon Dieu, je suis seule ici. Je suis toute seule. »
En fait, je crois bien que j'étais seule avec Jessie dans ce sous-sol, comme une adolescente qui se refuse à fréquenter les adultes et les autres membres de sa famille. Et le maître de l'horreur m'hypnotisait de son écriture effroyable…
Pas du feel-good non.
« Dans la journée, les gens sont presque toujours à l'abri des fantômes, des goules et des morts vivants, et la nuit aussi, s'ils sont en compagnies d'autres personnes mais quand on est seul dans le noir, tout peut arriver. »
Jessie raconte l'histoire d'une femme qui se retrouve seule, attachée à son lit dans une maison isolée, avec le cadavre de son mari à ses pieds. Lorsque ce dernier meurt subitement, elle se retrouve prise au piège, sans aucune aide à des kilomètres à la ronde. Alors que la souffrance physique et la déshydratation commencent à altérer ses perceptions, Jessie doit faire face à ses peurs les plus profondes et se battre contre ses propres démons intérieurs. Elle nous emmènera parfois, comme je l'ai fait, dans son passé…
« L'éclipse solaire totale a duré un peu plus d'une minute ce jour-là, Jessie… sauf dans ton esprit. Dans ton esprit, elle continue toujours…c'est bien ça ? »
Et parfois, nous assisteront à des bizarreries du présent, impossible de savoir si c'est l'effet déshydratation…
« Ses pensées s'interrompirent avec un claquement sec de bois vert dans un feu crépitant. Son regard, qui jusqu'alors balayait distraitement la pièce sombre, scrutait maintenant le coin opposé, où les ombres des pins agités par le vent dansaient la sarabande dans la lumière nacrée tombant du vasistas.
Il y avait un homme debout dans l'angle. »
C'est du génie d'écriture de parvenir à saisir son lecteur sur 430 pages en partant d'un résumé en quelques lignes : l'histoire d'une femme attachée à son lit, dans une campagne profonde, sans voisin, avec le cadavre de son mec au pied du meuble.
Que va-t-il bien pouvoir brillamment conter sur autant de pages avec une idée si courte?
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le 10 mars 2026
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