Je me suis fait la remarque, à la suite de la relecture de ce bouquin, qu'un bon film ou un bon livre - bref, une production artistique marquante - nous trotte longtemps en tête suite à sa découverte (en général quelques heures, en l’occurrence ici, vous l'aurez compris, il s'agit d'un livre. )
J'ai lu Joyland l'année dernière, presque jour pour jour, et je pense que l'essence profonde du bouquin m'avait échappée. Je m'étais stupidement arrêtée au fait que bof, finalement, on n'y retrouvait pas l'univers glaçant, tour à tour fantastique ou horrifique du maître de l'horreur que l'on ne cite plus, le célébrissime Stephen King. J'avais donc été un peu déçue.
Quand je lis les critiques négatives à propos de Joyland, c'est cette idée-là qui ressort le plus souvent : généralement, le livre ne correspond pas aux attentes des lecteurs souvent impatients de retrouver le caractère terrifiant mais bien dosé des bouquins de King. D'autant plus que sur l'édition française (merci Albin Michel) on a droit à un pseudo résumé racoleur qui promet un retour aux sources pour les fans de l'écrivain américain (vous noterez la référence à peine dissimulée à Ca), je cite : LES CLOWNS VOUS ONT TOUJOURS FAIT UN PEU PEUR ? L’ATMOSPHÈRE DES FÊTES FORAINES VOUS ANGOISSE ? ALORS, UN PETIT CONSEIL : NE VOUS AVENTUREZ PAS SUR LA GRANDE ROUE UN SOIR D'ORAGE...
Ce semblant de critique ou de résumé est archi-faux et biaise totalement le lecteur sur ce qu'il s'apprête à découvrir : en réalité, il s'apprête à déguster une tranche de vie douce-amère avec un arrière goût subtil et délicieux qui n'a rien à voir avec ce qu'on pourrait penser immédiatement en lisant la quatrième de couverture - ni plus ni moins qu'un cliché des éléments qui caractérisent la narration de King.
Joyland est surprenant, et c'est un roman aussi bon que beau, c'est-à-dire qu'il allie la forme (l'incroyable propension qu'a l'auteur pour écrire dans un style si caractéristique et si linéaire, finalement) et le fond, c'est-à-dire l'histoire en elle-même.
Une histoire simple, il faut le souligner, mais diablement efficace. Une histoire qui nous plonge avec nostalgie dans ces bonnes vieilles années 1970...
Sans vous en raconter davantage, je vous laisse à vos exemplaires de Joyland qui, pour moi, est une vraie réussite à tous les points de vue mais surtout, indéniablement, du point de vue humain car il démontre encore une fois les qualités humanistes mais aussi créatrices et les fines capacités d'analyse d'un écrivain qui, au cours de sa prolifique carrière, nous aura largement vendu à nous autres fans, une bonne dose de bonheur.