Davantage encore que d'habitude, la note n'a que peu d'intérêt. J'aurais pu mettre bien plus parce que c'est très stimulant intellectuellement. J'aurais pu mettre bien moins parce que c'est aussi (inutilement) long et fastidieux à lire, et que j'ai pensé souvent à abandonner, qu'il m'a fallu beaucoup de temps pour le finir.
Je trouve très intéressant de se poser la question sur la pertinence d'observer un procès pénal et de décrire ce qu'il s'y joue, de ce que ça amène comme réforme et amélioration. On pourrait trouver cet exercice (fait par Didier Fassin) très intéressant et pertinent. Mais Geoffroy le questionne de manière profonde et lumineuse. S'installer dans ce dispositif d'observation serait selon lui déjà admettre le système pénal est quelque chose de normal. Il montre toutes les limites à ne pas questionner plus en amont le système pénal et ses racines.
Dans la critique de ce dispositif, il est particulièrement virulent avec la mystification qu'opérerait les psychiatres en disant, par exemple d'un voleur, qu'il a des soucis psychologiques, qu'il ne sait pas se contenter de ce qu'il a, "il a une pulsion de l'avoir", sans prendre en compte son contexte sociologique. Il individualise quelque chose qui est du ressort de la société. La situation sociale provoque des comportements. Le psychiatre vient pointer un trouble qui fait disparaitre le contexte social : la répartition des richesses.
C'est donc vraiment un livre très intéressant mais il est néanmoins la plupart du temps très incompréhensible et inutilement long. A la fin, j'avais beaucoup de mal à résumer ce qu'il m'avait appris tant c'est noyé dans des longueurs et du flou. Peut-être que c'est destiné à un public plus averti que moi, qui lit pourtant ce genre d'ouvrage. J'ai failli abandonné de nombreuses fois, à la fin, je ne savais pas vraiment comment résumer ce livre tellement j'étais noyé. C'est tellement dommage. Heureusement, j'ai regardé l'entretien entre Geoffroy et François Bégaudeau sur YouTube où ils reprennent de manière beaucoup plus claire de nombreux aspects du livre et vont notamment plus loin sur le fait de savoir si oui ou non la sociologie excuse. Je ne conseille donc pas spécialement la lecture mais le visionnage, attentif et par petit bout de 20 minutes de ce long entretien.