L’auteur a voulu inclure dans son récit, qui met en scène un groupe des personnages récurrents et présents dans plusieurs de ses livres, à la fois le thème de la fin de vie, celui de l’euthanasie et celui de l’acharnement thérapeutique avec, pour faire simple, un questionnement sur le commencement de la vie, la présence de l’âme, l’au-delà, et j’en passe. C’est beaucoup. C’est même beaucoup trop pour un seul homme sur un seul livre…. Qui plus est, l’auteur a voulu, puisqu’il est question de la Mort (avec un grand M), malmener ses personnages « pour rendre le sujet le plus percutant possible, (…) au plus profond de leur âme. La mort devait les heurter, les engloutir, atteindre les fondations mêmes de leur groupe si solide. » (Postface de l’auteur). Pour ce faire, un des personnages du groupe flic est donc sacrifié par l’auteur. Il y a, de la part de l’auteur, une surenchère dans les souffrances des personnages, dans la vilénie. Il nous fait une histoire bien noire, ça sent le glauque et on en rajoute dans l’effroi et l’horreur.
Ça se lit facile car l’écriture est cinématographique. Phrases simples qu’on trouve dans l’ensemble des thrillers – il s’agit de faire tourner les pages - ; on essaye de multiplier des images fortes mais qui s’avèrent un peu passe-partout pour ne pas dire banales. Beaucoup d’adjectifs pour bien souligner l’aspect sordide et sinistre, on frôle le cliché ici et là. Ça se lit, on passe un moment divertissant si on aime ce type de livre et ce genre d’ambiance, et ça s’oublie.
Petite remarque :
Le roman flirtant avec la thématique du docteur Frankenstein (Mary Shelley), Franck Thilliez nomme son criminel Boris Karloff. Comment comprendre cela ? Un clin d’œil trop appuyé ? Prend-il ses lecteurs pour des cons ? Etait-ce vraiment nécessaire ? Dans tous les cas c’est quand même un peu lourd.