Narration profondément médiocre malgré un prologue proleptique assez bien fait et surtout un second livre beaucoup plus incarné et psychologisant ; mais il reste un livre profondément mal écrit à la vision de la littérature profondément positiviste et la vision de la femme profondément marquée de la misogynie scientiste dix-neuvièmiste. Ce dernier fait est finalement assez intéressant intellectuellement (enfin surtout pour moi et mes recherches, je comprends qu’on ne puisse pas aimer) où on ne sent peu, voire pas du tout, contrairement à la littérature de Zola, une compassion pour la femme, ou même le genre humain.
Effectivement, on voit réellement une volonté d’inscrire le roman dans une objectivité scientifique presque dogmatique, une objectivité scientifique qui prend racines dans l’étude de traités médicaux, et tout cela dans un maintien de la foi naturaliste importante ; on voit également une volonté d’animaliser et d’infantiliser la prostituée, et largement la femme en générale, mais rien d’étonnant de la part de lecteurs de Schopenhauer… Enfin Elisa n’est pas non plus réellement méchante. En réalité, elle n’est pas grand chose si ce n’est qu’elle demeure assez passive, et un brin aliénée. En effet, le récit totalement désincarné, anti-psychologique dans le premier livre, ce qui est dommage dans un livre aussi court — bien que je comprenne la volonté d’une objectivité maximale. Enfin, le second livre, voulu comme critique du système carcéral, aurait mérité plus de développement des vicissitudes des institutions, tout en restant la meilleure partie du livre.