Il arrive parfois que l’absence d’intérêt pour ce qui vous entoure guide votre subconscient aux tréfonds de votre mémoire, à la recherche d’un illustre souvenir qui vous est agréable. Vous vous enivrez dès lors des voluptés les plus tendres et douces de votre enfance et vous laissez bercer dans une apaisante naïveté à la redécouverte des premières émotions. C’est ainsi que Marcel Pagnol s’est lui aussi laissé séduire par cette rétrospection et propose, à la gloire de son père, une parfaite balade narrative dans un champ lexical très champêtre. Dans une maison de vacances située bien loin de la cacophonie citadine, il s’illumine à la vue des belles prairies et des mystérieuses forêts bruyantes, renfermant les espèces dont l’oncle Jules assure la capture et la cuisson. Cette période de répit est également le terrain où le jeune Marcel voit croître l’admiration héroïque et le respect militaire qu’il vous pour son créateur. Il observe son initiation victorieuse à la chasse d’un œil brillant et ému, presque aussi fier que lui d’avoir tué les énigmatiques perdrix royales qui feront sa renommée dans tout le village.