C’est un thriller psychologique dont j’entends un peu parler. Son résumé a terminé de me tenter alors je l’ai emprunté à la médiathèque. Mis à part, certains trigger que j’aurais aimé avoir au départ, il a rempli toutes les attentes que j’avais pour lui : de l’oppression, de la colère, une histoire qui transmet un malaise, une série de meurtres, de la violence physique et psychologique et de la manipulation mentale. Tout y est. Par contre, je ne m’attendais pas à lire le point de vue d’un pédophile et je crois que je préfère être prévenue pour m’y préparer.
Toute l’histoire repose sur comment on est arrivé là et jusqu’où ça va aller. Et finalement, je trouve qu’il n’y a pas vraiment de réponses à ces questions. La première parce que : est-ce que cette fin est vraiment la fin de ces horreurs ? La deuxième parce qu’il n’y a pas vraiment d’éléments déclencheurs ou alors je ne l’ai pas compris. En fait, tout reste flou et je crois que même les souvenirs de Hasumi sont flous.
On ne suit pas plusieurs temporalités, mais il y a plusieurs flash-back dans l’histoire où le présent se mêle aux souvenirs de Hasumi. On a également plusieurs points de vue : celui d’Hasumi, parfois celui d’autres adultes, parfois celui d’autres élèves. Nous suivons plus le point de vue de Hasumi. C’est le point principal de l’histoire. On le voit se présenter comme le parfait professeur qui se soucie de son lycée et de ses élèves. Petit à petit, on rentre dans ses machinations pour en voir l’étendue. Et cette partie est ma partie préférée de l’histoire. La manipulation qu’il exerce autant sur ses collègues et ses élèves est haletante. Sa perversion est oppressante. Je me répète, mais je mets vraiment un trigger warning, car la lecture a été très difficile pour moi qui réussis d’habitude à mettre le filtre de la fiction qui me rend beaucoup moins sensible aux descriptions, actions et paroles violentes et bien d’autres choses sensibles. Mais là, nous avons explicitement les actes et les pensées d’abus sur mineurs.
Hasumi est un personnage très contradictoire. Ses pensées et ses actes sont en constante dissonance. Par exemple, il est contre le harcèlement, pour l’écologie et pense sincèrement que la justice doit évoluer et pense être l’exemple, celui qui la fera changer. En fait, il pense être la solution à des drames et des actes qu’il cause. C’est un peu la psychologie du "regardez-moi, vous devez changer et je serai votre déclic pour changer". Il est aussi explicite qu’il soit psychopathe. Seulement, j’ai un peu de mal avec ce type de profil dans les thrillers psychologiques. Parce que cette représentation dans la fiction a fait naître d’énormes préjugés dans la réalité. Les psychopathes sont, aujourd’hui, vus comme malsains, meurtriers et manipulateurs, c’est très réducteur pour représenter un trouble psychologique et mental. C’est le plus gros point noir du livre.
Il est difficile de retenir tous les personnages au début. Il y a énormément de personnages et savoir qui est qui n’est pas aisé au départ. Néanmoins, les personnages sont tous assez travaillés pour leur donner une réelle identité, une importance dans le récit et une consistance dans l’histoire. Des personnages qui apparaissent pour peu de temps sont également marquant. C’est très fort de rendre un personnage qui a peu de pages pour lui aussi marquant. Peut-être parce que certains sont marquants dans la vie d’Hasumi, ils sont également marquants pour les lecteurs.
Aussi, les chapitres sont très longs. Je suis habituée à avoir des chapitres 20 à 30 pages dans la littérature de l’imaginaire ou des livres sans chapitres avec la littérature générale asiatique comme la papeterie Tsubaki qui est divisée en quatre parties faisant référence aux saisons, mais j’ai été surprise. Ce n’est ni bon ni mauvais, juste un constat. Pour les personnes qui ont du mal à se concentrer, entre la longueur des chapitres et le nombre de personnages, la lecture peut être un peu compliquée.
Si je devais en faire un résumé un peu foireux, je dirais que c’est l’histoire d’un pervers qui ne supporte aucune frustration alors tue par simple caprice en pensant pointer du doigt tous les problèmes de la société pour en être un facteur de changement.