La maison en pierre, ce serait le sens du mot Zimbabwe. Nous sommes au moment où la Rhodésie acquiert son indépendance, mais le rêve devient vite cauchemar alors que Mugabe referme son emprise sur le pays.
Dans ce contexte nous suivons un orphelin qui cherche à savoir ce qu'il s'est passé réellement en questionnant ses parents adoptifs. L'originalité étant que l'orphelin en question est un pervers qui n'hésite pas à droguer ses parents adoptifs pour savoir la vérité. Parallèllement, on cherche le vrai fils, dont il cherche à prendre la place, et qui a disparu lors d'une manifestation.
C'est un premier roman dont l'écriture n'est pas encore aboutie, il y a pas mal de lourdeurs, il faut bien le dire, notamment de très nombreuses répétitions.
En ressort toutefois la volonté de se confronter à l'histoire récente du Zimbabwe, de l'écrire hors des canons officiels. L'écriture est portée par la rage, qui prédomine, quand bien même le ton est parfois plutôt humoristique, en décalage complet avec cette histoire sombre.
Il y a également, du fait de la manipulation du personnage narrateur, un aspect thriller, qui est assez vite gommé, car on sait très vite de quoi il retourne.
Reste un tableau saisissant de l'indépendance, vite étouffée pour retomber dans une autre forme de dépendance. Dans ce monde où l'homme est un loup pour l'homme, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins.
Et même la maison en pierre ne protège pas du loup.