Hoover, patron indéboulonnable de la CIA, a brillé, non seulement par sa pérennité, mais aussi par l'influence et sa capacité de nuisance potentielle sur les huit présidents de la République qu'il a pu connaître. Ses relations difficiles avec la famille occupent cependant le coeur de cette version romancée de l'histoire, vu par le prisme du numéro deux et amant de ce personnage central et singulier de la vie publique américaine.
Certes, la réalité décrite est dure, par le maccarthysme, les relations de l'Etat avec la mafia, avec Cuba, l'enquête de l'assassinat de Kennedy, la mort de Marilyn Monroe. Mais elle est reconstituée avec réalisme, dans un but didactique, me semble-t-il, via un style s'apparentant presque à un roman policier, avec meurtres en amis à volonté. Evidemment, le fait que ces événements se soient réellement passés peut donner, par moments, quelques frissons ou sueurs froides.
J'ai trouvé cette croisée des chemins intéressante, cette reconstitution bien faite et honnête. Il est vite lu, bien qu'il soit épais, ce qui est un signe de qualité du procédé narratif, qui tient bien en haleine. Il est donc à conseiller, particulièrement pour les amateurs d'histoire et ceux qui aimeraient découvrir des pans de la vie politique américaine.