« On peut violer les lois sans qu’elles ne crient »

Bon, mon premier Marc Dugain et je ne suis plutôt pas déçu ! Et de ce que j'ai compris, la bibliographie du mec c'est de sortir des bouquins un peu red pill de ce genre là donc je relierai sûrement ! Et je connaissais déjà le personnage de John Edgar Hoover qu'on entend quand même beaucoup quand on s'intéresse à l'histoire des Etats-Unis d'un peu plus près. Il est même carrément nommé sans être présenté dans l'Oppenheimer de Nolan c'est dire si le mec n'a pas influencé son siècle au même titre que les huit différents présidents américains qu'il a connu. John Edgar Hoover, c’est le personnage de l’État de l’ombre par excellence. Nommé chef du FBI quasiment dès sa fondation, celui-ci va diriger les services fédéraux américain pendant presque un demi-siècle jusqu’à sa mort en 1972. Par ses yeux ainsi que ceux de Clyde Tolson, son adjoint, nous sommes embarqués dans la vie quotidienne des présidents américains, dans la période explosive de la Guerre Froide.


Ce qui caractérise bien Hoover, c’est le caractère indéboulonnable du personnage. Il a tissé une toile si dense et il a installé, une réelle « police politique », presque un État dans l’État. Hoover a mis sur écoute absolument toutes les personnalités politiques à commencer par les présidents eux-mêmes, leurs femmes, et leurs enfants, mais aussi des personnalités publiques diverses comme Charlie Chaplin, Marylin Monroe, Gloria Swanson, etc. C'est encore effleuré à la surface mais quand on creuse encore, on découvre que ce mec a fiché des centaines et des centaines de personnes c'est dingue. Et de ce qu'on comprend c'était un vrai zèle de la part du mec qui avait une détestation quasi pathologique pour tout ce qui est à peu près contre les Etats-Unis. Bref tous les protagonistes sont sympa même si l'acharnement de Hoover décrit dans le livre par ses dialogues notamment nous fait vite virer à l'indigestion. On sent très vite un espèce de "mastermind" toujours en avance sur tout le monde et dont les petites phrases hautaine (c'est une euphémisme) le rendent de plus en plus caricatural. De plus le narrateur, Clyde Tolson (son supposé amant), et très apathique et peu attachant. Il semble complètement soumis à Hoover. Alors qu'ils sont refoulés, bref.


La narration est sympathique car décrivant des horreurs d'un connard qui se croit au dessus de tout d'un ton étonnamment neutre, il me rappelle un peu Régis Debray. L'arc sur les Kennedy est glaçant et on sent la descente aux enfers et l'héritage complètement dégueulassé de la famille Kennedy. J'ai beaucoup aimé le parti complotiste de l'auteur quant à son assassinat qui développe exhaustivement toutes les raisons de toutes les parties qui en voulaient à Kennedy (et il y en a beaucoup !)


De quoi bien se rappeler que si l'Etat de droit existe, le droit de l'Etat, vertical et absolu existe également et putain qu'est-ce que ça fait peur.

Sabascoco
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le 7 août 2023

Critique lue 33 fois

Mathieu

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