Ceux qui « croient » en Jean-Luc Mélenchon n’apprécieront pas (ou ne liront pas) ce livre et pourtant ce sont eux qui devraient le lire pour se désenquiller de là où ils se sont fourrés. Les autres ne trouveront, dans ce livre, que la confirmation du dévoiement (le terme est faible), et du mouvement, et de l’homme lui-même…
Tout le livre est à charge et il faut reconnaître que peu de choses permettent d’atténuer cette charge qui pèse sur la « France Insoumise ». « France Insoumise »… toute l’arrogance de Mélenchon transpire dans cette appellation ! Et en ce sens, tout le livre tend à montrer que l’Insoumis en chef ne conçoit ses troupes que dans la déférence et la soumission. Notons tout de même que les auteurs reconnaissent au « Leader Maximo » ceci : grâce à lui, la gauche a réussi à survivre. Ce serait méchant d’ajouter « mais à quel prix ».
Et encore plus méchant de souligner les trois échecs aux élections présidentielles. (La quatrième sera la bonne, il y croit, persuadé de balayer l’extrême droite au deuxième tour. Comme tout autocrate, il n’a aucune notion de la détestation dont il fait l’objet…)
Un passage du livre montre bien dans quel piège, dans quel dilemme, se retrouvent les gens de gauche, ceux qui ont adhéré, de près ou de loin, à LFI :
« Si on abime LFI, que reste-t-il ? Comment tirer sur la première force de gauche alors que l’extrême droite menace ? (…) Manon Auvry, elle, persiste à croire que LFI est le pire des mouvements… à l’exception de tous les autres. Où aller ? Chez les socialistes, qu’on suspecte toujours de renoncements et de trahisons, et dont le parti est paralysé par des luttes internes ? Chez les écologistes qui passent plus leur temps à débattre entre eux qu’à essayer de se faire comprendre ? Chez les communistes, qui ploient sous le poids d’une étiquette devenue désuète ? »
That is the question…
Un peu plus loin dans le texte, on trouve aussi une anecdote qui montre que tout le monde, même dans son entourage, n’est pas aussi aveugle que ça : Emmanuel Maurel, à qui Mélenchon demandait ce qu'il voulait comme poste dans le futur gouvernement (quand LFI gagnerait), lui a répondu : « un billet d'avion pour quitter le pays ! »
Quand il ne reste plus que l’humour…