Enthousiasmé par "Règne animal" et "Le fils de l'homme", je me suis risqué à entreprendre la lecture de "La nuit ravagée" en toute connaissance de cause et donc sur la pointe des pieds, n'éprouvant pas le moindre intérêt pour le genre "horrifique". Bien mal m'en a pris !
Même dans la partie à peu près "réaliste" du roman, je n'ai pas reconnu l'écriture de l'auteur des deux romans évoqués plus haut, que je place dans mes lectures les plus marquantes. Cette exposition des personnages, dans laquelle certains tiendront peut-être à voir une sorte d'analyse sociologique, m'a semblé être écrite bien platement mais a au moins eu le mérite de ne pas m'ennuyer.
Les premières touches fantastiques, avec cette maison abandonnée qui recèle un univers parallèle dans lequel se réalisent les souhaits les plus profonds des adolescents qui y pénètrent, ne m'ont à ma grande surprise en rien rebuté. Il n'en a pas été de même par la suite où le lecteur non initié que je suis s'est trouvé confronté à une dernière partie grotesque,on ne peut mieux représentée par cette scolopendre géante censée je suppose nous glacer d'effroi. Terminer ce roman s'est apparenté pour moi à un véritable chemin de croix avec cette débauche d'action pure qui n'a pas été sans me rappeler le souvenir hélas lointain du "Club des Cinq" dont les dialogues n'auraient en rien déparé dans cette "Nuit ravagée" :
"- Est-ce qu'elle est toujours là ? demanda Max à voix basse.
-J'en sais rien, répondit Tom, je ne vois rien.
Ils reculèrent vers le portail.
- Dis-nous ce que tu vois !
- Je te dis que je ne vois rien !
- Elle a disparu ? demanda Léna.
... - Ne bougez surtout plus, chuchota Tom."
Un roman sans doute destiné à un lectorat biberonné à des romans fantastiques qui ne m'ont jamais attiré.