Il y a des romans qui te collent au bide comme une intoxication alimentaire et d'autres qui t'aspirent jusqu'à l'os.
Billy Halleck, avocat à la surchage pondérale adipeuse, écrase une vieille gitane en voiture et s'en sort grâce à ses potes bien placés. Mais l'ancien du clan, lui touche la joue et lâche un petit mot magique : "Maigris."
Et Billy fond. Enfin il maigrit.
Pas un petit régime Weight Watchers, non. Il dégouline, il s'évapore, il disparaît. On passe du léger "cool je maigris" au pincement d'inquiétude jusqu'à la peur panique en quelques pages. Enfin, lui panique, pas moi.
Stephen King, le maître, réussit à transformer une perte de poids en descente aux enfers. Halleck, ce n'est plus un homme, c'est une soustraction de sa chair.
Quand les biens nourris pensent pouvoir échapper aux conséquences, le King te rappelle que le karma ou la justice, c'est comme ça que cela doit être. Mettant définitivement un terme à cette obligation révolutionnaire de bouffer les riches, Billy a finalement bien de la chance qu'il ne reste plus rien à manger.