La petite fille raconte la quête puis les retrouvailles d'un homme, Kaspar avec sa petite-fille néonazie. Celle-ci est le fruit d'une liaison passagère entre sa femme - qui vient de décéder, laissant un passé à redécouvrir - et un autre homme, qu'elle quitte avant de rencontrer son premier vrai amour, Kaspar. La petite-fille est le récit de destins purement allemands, propre à ces quelques décennies où se sont mélangées rideau de fer, révoltes étudiantes, répressions soviétiques et réunification démocratique. Le roman raconte cette jeunesse étudiante, entre la Humboldt de la RDA et l'Université Libre de la RFA.
A ça s'ajoute la peinture d'une Allemagne à deux-vitesses, où le développement inégal de l'ex-RDA a offert un terreau fertile au populisme, ici représenté dans sa forme la plus radicale : le néo-nazisme. Bernhard sait inscrire son roman dans la réalité, refléter l'image d'une Allemagne et de lui-même (Kaspar semble être son auto-portrait). Autre point agréable du livre : la déclaration d'amour à la culture (surtout allemande), qui fait office de pont entre les générations et les deux personnages principaux.
Néanmoins, on peut regretter une plume simple, prévisible, parfois trop fidèle à son auteur.