« L'écriture plate me vient naturellement » (p. 24), merci de préciser… Chez certains c'est le lyrisme, chez d'autres le sarcasme, chez d'autres encore la diarrhée, c'est comme ça. Comme Annie Ernaux est plutôt sèche de ce point de vue, donc, c'est la platitude. Bien des familles ont dans leurs albums de ces photos sépia : mère assise, père moustachu s'appuyant d'une main sur la chaise, adolescents gominés à l'arrière-plan, bambins en jupe au premier, ou grand-père devant ses clapiers à lapins. Autrement dit, une succession de clichés : rarement grand-père en jupe sur la chaise.
Dans "la Place", c'est la même chose : un peu d'histoire familiale, agrémentée d'un peu de "France au parfum d'antan" et d'un peu de mauvaise conscience de classe. Pas de vague effort d'originalité dans la mise en scène ou dans la construction — je ne compte pas l'idée de commencer par la fin, connue dès avant "Citizen Kane". Ce qui, certes, ne distingue pas Annie Ernaux de Flaubert ; mais ce dernier écrivait 1° avec du style, 2° « de telle manière que le lecteur ne sache pas si on se fout de lui, oui ou non » (lettre à Louis Bouilhet, 4 septembre 1850). Le lecteur d'Annie Ernaux sait.
Le plus étonnant est que cela tienne plus de dix pages ; les lectures plates me tiennent difficilement.
En 1984 Pierre Michon publiait "Vies minuscules".
Alcofribas
3
Écrit par

Créée

le 18 févr. 2014

Critique lue 977 fois

La Place

La Place

7

Pouyou

le 10 avr. 2015

Suivre

Critique de La Place par Pouyou

Avec son récit "La place", Annie Ernaux propose une nouvelle approche du genre autobiographique. Son originalité tient à une écriture volontairement qualifiée de "plate" : proche du compte rendu,...

La Place

La Place

5

Kavarma

le 20 mai 2020

Suivre

Finalement, c'est bien ou pas ?

Les critiques portées à ce genre de livres sur les excès d'intellectualisme, de branlage de cerveau, de nombrilisme exacerbé, j'en avais pris connaissance. Que le style allait être mauvais, c'était...

La Place

La Place

7

TueReves

le 20 avr. 2012

Suivre

Vague à l'âme

La place est de ces livres qu'on aborde avec une espèce de condescendance, un certain mépris. Une histoire simple, quelques mots et un père. Finalement ce n'est pas bien plus mais c'en est...

Chroniques de la haine ordinaire, tome 1

Chroniques de la haine ordinaire, tome 1

9

Alcofribas

le 6 août 2013

Suivre

Littérature

Je suis sociologiquement prédisposé à aimer Desproges : mes parents écoutent France Inter. Par ailleurs, j'aime lire, j'ai remarqué au bout d'une douzaine d'années que quelque chose ne tournait pas...

Un roi sans divertissement

Un roi sans divertissement

9

Alcofribas

le 4 avr. 2018

Suivre

Façon de parler

Ce livre a ruiné l’image que je me faisais de son auteur. Sur la foi des gionophiles – voire gionolâtres – que j’avais précédemment rencontrées, je m’attendais à lire une sorte d’ode à la terre de...

Le Jeune Acteur, tome 1

Le Jeune Acteur, tome 1

7

Alcofribas

le 12 nov. 2021

Suivre

« Ce Vincent Lacoste »

Pour ceux qui ne se seraient pas encore dit que les films et les albums de Riad Sattouf déclinent une seule et même œuvre sous différentes formes, ce premier volume du Jeune Acteur fait le lien de...