La Promo 49 par Lalo Cura
La Promo 49 n’est pas construit comme une simple histoire, un récit unique, mais plutôt une kyrielle de saynètes successives, presque anecdotiques, qui une fois regroupées, permettent une vue d’ensemble de ce que furent aléatoirement les joies et tracas de jeunes lycéens durant les derniers mois de leur parcours scolaire. Avec le lycée, c’est l’adolescence qui prend fin. Et les voilà déjà, tous ces jeunes, confrontés aux choix posés par leur entrée dans le monde des adultes.
Incisifs, instantanés, les chapitres se focalisent tour à tour sur les parcours disparates et éparpillés de ces lycéens pour en faire éclater toute la signification, voire même toute la dérision. Certaines trajectoires ne se croisent jamais tandis que d’autres s’enchevêtrent, et sans cesse les propos du narrateur oscillent entre humour et profondeur, ironie et nostalgie, si bien que le lecteur ne parvient pas même à s’apitoyer sur le sort parfois cruel des personnages : devant leurs misères, il n’a d’autre choix que celui de s’amuser ou de s’attendrir.
En somme, La Promo 49, c’est une mosaïque d’émotions habilement disséminée dans un assemblage de séquences romanesques, dont le résultat est d’offrir un souvenir impérissable de ce que fut avoir 18 ans à Portland en 1949. Don Carpenter connaissait bien son sujet : lui-même avait 18 ans à Portland en 1949.