Fatima Ouassak, c'est une version proprette de Houria Bouteldja; contrairement à Houria, Fatima a fait des études et, par conséquent, sait aligner plus de trois phrases qui ont un sens. Elle est calme, s'exprime bien, n'agresse pas son interlocuteur, ne propage pas de discours homophobes, bref, elle est tout à fait présentable; tous les gauchistes vont l'adorer.
Après, n'ayons pas trop d'attentes tout de même: son ouvrage totalement con.
Déjà, c'est censé être un essai, soit un ouvrage qui n'a aucune valeur (seuls les papiers académiques ont cet honneur, faut il le rappeler). C'est juste l'opinion de son auteur, à destination de lecteurs déjà à moitié convaincus. Et, pour les réticents, Fatima a en réserve une bonne dose de pathos pour achever de les persuader du bien fondé de sa position. On aura donc droit à un concert de violon en do majeur sur le thème de "les pauvres petits enfants discriminés et leurs mères qui se saignent pour les élever". C'est insupportable. Si tu veux dire des trucs pertinents utilise des arguments rationnel, je sais pais. Mais bon, il faut croire que les cuistres, de Bégaudeau à Kaoutar Harchi, préféreront toujours jouer la carte émotion, avec moultes formules vibrantes et pleines de guimauve, plutôt que d'être bêtement matérialistes. Marx serait fier.
Le véhicule de Fatima, c'est une association du nom de Front des Mères. Le but du Front des Mères est de défendre des valeurs communes d’égalité, de bienveillance et de respect de la dignité de tous les enfants.
Que le lecteur ne s'y méprenne pas, le but de l'association est avant tout de défendre les intérêts bien compris des parents.
Fatima a fait partie du PIR(e). Elle a sans doute constaté que se centrer uniquement sur les indigènes (enfin, les noirs et les arabes hein les asiats' ne sont pas vraiment des indigènes, faut l'savoir) n'était pas entendable pour une grande partie de la population, fusse t'elle de Gauche. Fatima militera donc pour l'introduction de plats végétariens à la cantine; que les gens se rassurent, il n'y a aucun rapport avec le Halal. Que le bon peuple soit rassuré, Fatima est universaliste (quoique ça veuille dire) les discours contraires sont des menteries d’extrême droite. Le fait que derrière, elle tiennent des paroles ô combien nébuleuses sur la valorisation de la culture des populations immigrée n'a aucun rapport avec le schmilblick. En interview, elle s'épanchera longuement sur le fait que l'Islam est "stigmatisé" dans les écoles, mais on, simple coïncidence.
C'est assez amusant en fait: elle prétend avoir un discours sur l'état général de l'école, mais ne fait référence qu'à des problématiques dites de banlieues. Faudrait il rappeler que los famosos pequenos blancos partagent, en grande partie, les même problématiques que les noirs et les arabes? Qu'opposer (à juste titre) les bourgeois et les classes populaires, mais que Kévin, écolier du fond de la Picardie fait aussi partie desdites classes populaires, et est tout autant destiné à former un sous salariat? Établir un discours communautaire, centré sur la 'tess, pourquoi pas après tout, mais faudrait assumer derrière, et pas se perdre dans un discours misérabiliste et prétendre s'intéresser à tout le monde, alors qu'on comprend assez vite le type de population qui la préoccupe. Fatima se cache derrière son petit doigt, et ça se voit en fait.
Alors, Fatima, indigéniste ou pas? La réponse n'a que peu d'importance en réalité. Le fait est que Fatima projette donc en toute conscience, sa culture, ses idées sur ses enfants. On parle de gosses en primaire. A quel moment un gosse de 8 ans peut formaliser le fait d'être Musulman (ou même végétarien)? Il a lu le Coran, et ses exégèses (ou a déjà vu toute la production de L214)? C'est bien beau de critiquer la violence institutionnelle de l'Etat, mais imposer son opinion à ses gosses n'est pas vraiment plus glorieux.