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Miroir du monde
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le 31 oct. 2010
De la poésie dès que parle Miranda,
de la très belle poésie,
en un mot de la poésie shakespearienne:
“O, I have suffered
With those that I saw suffer! ...
Had I been any god of power, I would
Have sunk the sea within the earth.”
O, j’ai souffert
avec ceux que j’ai vu souffrir!....
Si j’avais été un dieu de toute puissance, j’aurais noyé la mer dans la terre.
La poésie qui n’est pas réservée à Miranda, il en reste beaucoup pour les autres, écoutons Prospero:
“We are such stuff
As dreams are made on, and our little life
Is rounded with a sleep. “
Nous sommes de l’étoffe
même des rêves, et notre petite vie est ceinte de sommeil.
Ariel s’y met aussi et offre un vers à T.S. Eliot (pour the Waste Land)
“Those are pearls that were his eyes.”
De la poésie, mais aussi d’éternelles allitérations:
“O, widow Dido? Ay, widow Dido. “
De la poésie partout,
Prospero parfois dépose son talent de magicien des mots:
“Lie there, my art.“
et fait de la politique,
de la très grande politique,
de la politique immensément humaine,
“I’ th’ commonwealth I would by contraries
Execute all things, for no kind of traffic
Would I admit; no name of magistrate;
Letters should not be known; riches, poverty,
And use of service, none; contract, succession,
Bourn, bound of land, tilth, vineyard, none;
No use of metal, corn, or wine, or oil;
No occupation; all men idle, all,
And women too, but innocent and pure;
No sovereignty.”
Dans la république, je ferais tout à contre-courant, aucune sorte de trafic ne serait permise; aucun nom de magistrat; ni connaissance des lettres, ni richesse, ni pauvreté, ni serviteur ; ni contrat, ni succession, pas de bornes, pas de barrières, ni labours, ou vignobles. Pas de métal, de blé, de vin, ni d’huile. Aucune occupation : tous les hommes oisifs, tous ! Et les femmes aussi ! toujours, innocentes et pures ! Aucune souveraineté
William avait lu Montaigne – parmi les livres de sa bibliothèque, a été retrouvée la traduction des Essais par John Forio,
Tous deux font de nos révolutionnaires de salon de délicieux conservateurs...
Et que dire de la sublime condamnation du colonialisme (et de toutes les formes de dominations de l’homme sur l’homme)
“When thou cam’st first,
Thou strok’st me and made much of me, wouldst
give me
Water with berries in ’t, and teach me how
To name the bigger light and how the less,
That burn by day and night. And then I loved thee,
And showed thee all the qualities o’ th’ isle,
The fresh springs, brine pits, barren place and
fertile.
Cursed be I that did so
(...)
You taught me language, and my profit on ’t
Is I know how to curse. The red plague rid you
For learning me your language!”
Quand tu es arrivé, tu me cajolais et faisais grand cas de moi, tu me donnais de l’eau, avec des baies dedans ; et tu m’apprenais le nom de cette grande lumière et celui de la petite qui brûlent le jour et la nuit. Alors je t’ai aimé, je t’ai montré toutes les richesses de l’île, les sources d’eau fraîche, les endroits arides ceux qui étaient fertiles.Maudit sois-je de l’avoir fait ! ...
Tu m’as enseigné le langage, le seul bienfait que j’en ai eu est de savoir maudire. Que la peste rouge t’emporte pour m’avoir appris ta langue!
Les centaines de milliers de pages qui ont été écrites sur le colonialisme étaient inutiles...
Tout ce qui devait être dit, l’est, et en peu de mots...
Et vient le temps d’apaiser les rancoeurs,
le temps de pardonner,
dans ce sublimissime épilogue,
en forme de digression autour le prière Notre Père:
“Now my charms are all o’erthrown,
And what strength I have ’s mine own,
Which is most faint. Now ’tis true
I must be here confined by you,
Or sent to Naples. Let me not,
Since I have my dukedom got
And pardoned the deceiver, dwell
In this bare island by your spell,
But release me from my bands
With the help of your good hands.
Gentle breath of yours my sails
Must fill, or else my project fails,
Which was to please. Now I want
Spirits to enforce, art to enchant, And my ending is despair,
Unless I be relieved by prayer,
Which pierces so that it assaults
Mercy itself, and frees all faults.
As you from crimes would pardoned be,
Let your indulgence set me free. “
Maintenant, tous mes charmes se sont évaporés. La force, qui me reste est la mienne
c’est bien peu de chose… À présent, c’est vrai, je dois rester ici, votre prisonnier,
ou être envoyé à Naples. Oh ! puisque j’ai à nouveau mon duché et que j’ai pardonné au traître, ne laissez pas vos pouvoirs m’abandonner dans cette île désertique; mais que vos mains me libèrent de mes liens. Que vos souffles favorables remplissent mes voiles ; sinon, mon projet aura échoué, qui était de plaire. Maintenant, je veux des esprits pour imposer, de l'art pour enchanter, Et ma fin est le désespoir, à moins que je ne sois soulagé par la prière, qui emporte tout , même la miséricorde, et libère de toutes les fautes. Comme vous seriez pardonnés de vos crimes, Que votre indulgence me libère.
La tempête, un texte d’une unique grandeur.
Créée
le 1 nov. 2025
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