Douze contes folkloriques, douze lais, d'origine bretonne repris et traduits en français, ou plutôt en anglo-normand, si on veut être d'une grande exactitude par rapport à l'époque fort fort lointaine où ils ont été rédigés, par Marie de France, dont on sait très peu de choses si ce n'est qu'elle a traîné pas de mal de temps ses poulaines dans la Cour d'Angleterre et que c'est une très bonne conteuse (même si en grosse feignasse que je suis, je n'ai lu que les pages droites avec la traduction en français actuel de mon exemplaire Livre de poche !!!).
Douze contes d'inégale longueur et d'inégal intérêt... sauf que j'en ai lu aucun qui soit inintéressant, ce qui est trop super-rare pour que je ne le dise pas. J'ai tout dévoré en une seule journée et avec un grand plaisir. Si Le Rossignol déçoit parce qu'il ne raconte pas grand-chose et que ça manque sérieusement de matière, Bisclavet, qui en plus a l'originalité de montrer un loup-garou ayant une image positive, la fin particulièrement trash (et bien fait pour leur gueule !!!) d'Equitan ou encore l'émouvante métaphore du chèvrefeuille et de la branche de noisetier qui ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre dans Le Chèvrefeuille, qui conte un ajout de l'auteure à la légende de Tristan et Iseut, emportent très largement l'adhésion. Guigemar aussi assure un max.
En fait, même dans le plus faible, il y a rien à jeter. On ne peut pas résister à ces contes merveilleux, moraux, mais parfois coquins, aventureux et amoureux avec un symbolisme fort et subtil.