Le basalte bleu par BibliOrnitho
Walter Beam est anglais et égyptologue passionné depuis sa plus tendre enfance. Il voue un culte tout particulier à la Nitocris, épouse du pharaon Mirniri puis elle-même pharaon au décès de son épouse. Vingt-et-un siècles avant notre ère, neuf-cents avant le règne du grand Ramsès II : la fin de la VIe dynastie et l'Ancien Empire.
Walter Beam débarque en Egypte pour la première fois à l'âge de vingt-cinq ans. Il est déjà un égyptologue fort savant. Il vient d'être engagé par Maier, un milliardaire pour conduire un chantier de fouille dans le désert thébain. Il se met au travail d'arrache pied et sous le soleil de plomb de la Haute Egypte. Il cherche la tombe de Nitocris qu'il appelle sa reine, sa bien aimée. Sous la forme d'un cobra noir qu'elle lui envoie, la reine lui indique où creuser. L'abord de la sépulture est magnifique et révèle six magnifiques sarcophages de hauts dignitaires. Trouvaille qui fait immédiatement la réputation du jeune homme. Mais Walter est le seul à déceler la tombe de la reine qu'il n'ouvre pourtant pas immédiatement car la campagne de fouilles s'interrompt pour la trêve estivale. Tous quittent le chantier, sauf Walter et ses plus fidèles lieutenants. N'y tenant plus, il décide d'ouvrir la tombe sans prévenir personne, ni son riche commanditaire, ni le gouvernement égyptien, violant ainsi toutes les règles élémentaires et les lois en vigueur. Durant de nombreuses nuits, il travaille dans la sépulture, réalisant l'inventaire des richesses colossales mises ainsi à jour : la découverte est extraordinaire. Alors qu'il soulève le lourd couvercle de basalte bleu du sarcophage royal, un incident se produit : un des piliers de bois soutenant les poulies de levage casse et Walter reçoit un éclat de bois dans le cou.
Le cercueil est extrait et la momie déroulée. Si cela venait à se savoir, sa brillante carrière serait brutalement terminée. Mais Walter n'y pense guère. Il est entièrement à son travail, tout à sa bien aimée reine. Un soir, il s'endort à côté de la momie entièrement débarrassée de son linceul et se réveille aux côtés d'une très jeune femme bien vivante de dix-huit ans environ. Dès cet instant, le récit change de ton. Nous basculons dans les mystères de l'Egypte antique qui prennent corps dans l'Egypte moderne en un maelström qui propulse personnages et lecteur dans une dimension magique. La reine est ressuscitée et Walter est la réincarnation de son défunt époux assassiné quarante siècles plus tôt, empoisonné par le jaloux et ambitieux dignitaire Menna qui convoitait à la fois le pouvoir et la couche de la jeune reine.
A la fin du livre, après des aventures épiques habillement contées par un John Knittel tout à son affaire, le voile magique se déchire et la réalité fait un retour qu'on n'attendait plus. Walter Beam est alité à l'hôpital et à déliré durant deux semaine. L'éclat de bois qu'il avait reçu dans le cou l'a plongé dans un rêve chimérique : le sarcophage n'a nullement été ouvert et la reine disparue y repose toujours attendant le rétablissement de l'égyptologue à l'instar du monde entier prévenu de l'imminence de la fabuleuse découverte.
Un très beau livre où se mêlent réalité et magie, aventure et amour, honneur, bravoure et trahison. Un livre très bien écrit, typique de John Knittel mais que j'ai trouvé tout de même moins abouti, moins convaincant que Via Mala ou l'Eternelle Abîme écris plus tardivement.