5
157 critiques
Le contentement
Je comprends totalement que ce livre ait été nécessaire pour Vanessa Springora, qu’il fallait l’écrire pour exprimer son point de vue, raconter ce qu’elle a vécu avec Matzneff et faire enfin...
le 17 nov. 2021
Ce récit est choquant. Vanessa Springora raconte l'histoire d'une emprise, la mécanique implacable qui l'a menée, à 13 ans, à tomber dans le piège pervers d'un pédophile. D'un style simple, froid, presque dépassionné, qui renforce le choc que produit la lecture. Père démissionnaire, besoin viscéral de se sentir aimée, protégée : la proie parfaite. Choc de découvrir une époque qui permettait, et défendait même la "liberté" non pas d'importuner mais d'entretenir des relations sexuelles avec des mineur.es. Choc de découvrir un milieu littéraire franco-parisien qui défend les siens, qui a accepté et glorifié pendant des décennies les affres sexuelles de Gabriel Matzneff sous l'excuse bien pratique de l'écrivain. Le chapitre avec Emil Cioran défendant son protégé est assez lunaire de ce point de vue.
L'auteure raconte comment Matzneff la - elle et bien d'autres, malheureusement - manipule pour assouvir deux pulsions : une pulsion sexuelle écœurante (la description placide par le menu d'une relation sexuelle entre un quinquagénaire et une collégienne est absolument horrible), et une pulsion littéraire qui l'est, en fin de compte, peut-être même plus. "G. M." profite de son statut d'écrivain pour non seulement abuser sexuellement de jeunes filles en apparence consentantes, mais aussi pour légitimer ce consentement et le figer dans l'éternité de la littérature, en reproduisant les lettres d'amours des adolescentes dans son journal, en retranscrivant ses nombreuses relations dans ses livres.
Vanessa Springora l'annonce dès l'introduction : elle veut piéger G. M. à son propre piège en l'enfermant à son tour dans un livre. C'est réussi.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs livres de 2020
Créée
le 12 mai 2020
Critique lue 670 fois
5
157 critiques
Je comprends totalement que ce livre ait été nécessaire pour Vanessa Springora, qu’il fallait l’écrire pour exprimer son point de vue, raconter ce qu’elle a vécu avec Matzneff et faire enfin...
le 17 nov. 2021
6
898 critiques
Vous êtes un mâle hétérosexuel blanc: vous avez tort! On vous demandera des comptes! Vous comprenez, bien sur que ma critique n'aura rien à voir avec l'oeuvre de Vanessa Springora, que l'amour entre...
le 14 déc. 2021
8
82 critiques
Il est difficile de parler du récit de Vanessa Springora plusieurs mois après sa sortie, tant il semble que tout a été dit à son sujet. Evidemment, ce livre est bouleversant dans son sujet. Et...
le 27 avr. 2020
7
209 critiques
Dissipons le malentendu tout de suite : ce n'est pas un très bon roman. Le dispositif narratif en conversation épistolaire tourne vite à vide, quoique fort divertissant les cent premières pages. Ce...
le 22 août 2022
7
209 critiques
Ouvrir un roman de Nicolas Mathieu, c'est un peu comme ouvrir un Houellebecq : on sait ce qu'on va lire, avec quelques variations à chaque fois, et on n'est jamais déçu. La méthode Mathieu, c'est...
le 10 mai 2022
5
209 critiques
Je sais bien qu'il ne faut jamais regarder les bandeaux, que c'est une ruse d'éditeur. Je me sens trompé par Olivia de Lamberterie, que j'adore. Une "émotion exceptionnelle", tu parles... Au moins,...
le 8 nov. 2023
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème