Si j'ai lu ce roman, c'est parce qu'il m'a été vendu comme un slasher...
Et je pourrais bien chipoter en disant que ce roman n'est pas vraiment un slasher à cause d'un petit élément. Mais voilà, il respecte tous les codes, et ce qui en fait, à l'égal de Stephen Graham Jones, un slasher particulièrement original, soigné et très, très bien écrit, flirtant avec le chef-d'oeuvre du genre horrifique.
Petit rappel : un slasher est un genre d'horreur où un tueur psychopathe traque et massacre un groupe de victimes, souvent dans un cadre isolé. "To slash" signifie "taillader" ou "trancher", une référence directe à la violence graphique des meurtres. Les tropes incluent des victimes qui tombent une à une, une Final Girl, et un tueur parfois lié personnellement aux victimes. le genre joue sur la peur, l'isolement et le suspense.
Ici, nous avons six personnages, perdus au milieu de nulle part sur un bateau. Ils succombent, les uns après les autres. L'isolement est total, et l'ambiance marine, étouffante. L'auteure tisse une atmosphère oppressante avec un vocabulaire marin si riche que les embruns semblent s'infiltrer entre les pages. Mais le plus fort, c'est le tueur.
Le tueur...
Ah voilà mon trouble...
Qui est-il, ce tueur ? Un psychopathe vengeur classique du slasher ? Un fantôme hantant ces eaux ? Une créature marine tapie dans les profondeurs ? Une sirène? Une sorte de kraken en colère? Ou la mer elle-même, tour à tour violente et apaisante, douce et cruelle ? L'auteure joue habilement avec ces questions, nous laissant voguer entre terreur et fascination.
C'est plus qu'un slasher, c'est un roman qui transcende son genre pour nous immerger dans une horreur poétique, magistralement orchestrée.
Bravo à l'auteure. Un des meilleurs romans d'horreur que j'ai lu en 2024.