Il fallait oser : alors que Dune était établi comme un succès mondial, Frank Herbert rebat les cartes et sort une suite qui change radicalement du premier. Premier opus qui, on se rappelle, constitue une saga complète, l'histoire aurait très bien pu s'arrêter là. Mais le monde développé était si précis qu'il y avait forcément de l'ouverture possible.
C'est ici que le nom d'Atréides prend tout son sens. Effectivement, Le Messie de de Dune est construit comme une tragédie, et une tragédie qui se transmettra aux génération ultérieures. Paul devient un avatar mélangé de plusieurs personnages de la mythologie grecque.
L'action est beaucoup moins présente dans cet opus. Paul est devenu une sorte de dieu, il peut voir l'avenir, et c'est d'ailleurs sa malédiction. S'il n'aime pas ce qu'il voit, peut-il le changer? C'est donc un cheminement intérieur qu'offre Le Messie de Dune : certes, Paul a gagné, mais il lui faut maintenant faire face aux conséquences, et en solitaire, car qui pourrait le comprendre? Car tous les chemins qu'il voit pour le futur mènent à un désastre. Et s'il voit sa propre mort, doit-il pour autant chercher à l'éviter? Il sait qui sont ses ennemis, mais doit-il réellement agir, au risque de bouleverser un équilibre fragile? Sa prescience ne fait que l'immobiliser : si nous devions étudier chaque conséquence de nos actes avant d'agir, comment le pourrions-nous?
Paul en victime passive d'un avenir tout tracé, la tragédie est en place.
critique du premier tome :
https://www.senscritique.com/livre/dune/critique/328220073
critique du tome 3 :
https://www.senscritique.com/livre/les_enfants_de_dune/critique/328262986
critique du tome 4 : https://www.senscritique.com/livre/l_empereur_dieu_de_dune/critique/328263245
critique du tome 5 : https://www.senscritique.com/livre/les_heretiques_de_dune/critique/328320487
critique du tome 6 : https://www.senscritique.com/livre/la_maison_des_meres/critique/328321165