Par où commencer ? Par dire que j’ai beaucoup aimé peut-être : l’atmosphère globale du récit qui se déroule presque exclusivement en Chine et à plusieurs époques différentes, son côté presque cyber-punk, le jeuxvideo des Trois corps, le personnage de Ye Wenjie, les réflexions de philosophie politique sur le Léviathan technologique et l’écologie radicale, voir extinctionniste. Tout cela m’a profondément captivé et ancre particulièrement bien le récit dans notre époque (contrairement aux différents cycles de Fondation par exemple, que j’ai démarré l’hiver dernier et où j'ai parfois eu le sentiment que le lecteur a finalement assez peu de prises sur l’univers que développe Asimov).
Mais en dépit de ces très belles qualités qui en font un phénomène de la sf contemporaine, le récit de Liu Cixin n’échappe pas à quelques écueils qui m'ont rendu la lecture de plusieurs passages particulièrement pénible. J’estime qu’il y a un côté potentiellement écœurant dans les très (trop) longs problèmes de sciences physiques. Le bouquin aurait pu me tomber des mains à trois ou quatre reprises et celui-ci souffre d'une surproblématisation littéraire de phénomène scientifique incompréhensible pour le commun des mortels (aka ceux qui, comme moi, n'ont pas de doctorat en physique quantique). J'ai eu le sentiment que cela alourdissait la lecture et, dans un récit aussi dense qui s'étire sur 500 pages, la patience est alors largement requise devant certains passages qui s’adresseront peut-être davantage à un public de "nerd" de hard sf qu’au lecteur profane (mais qui aura déjà fait l’effort de se lancer dans le grand bain).
Petite pause de quelques semaines pour digérer tout cela avant d'attaquer La forêt sombre dont j’ai quand même assez hâte !