L'holocauste à Hobbitbourg.
Un livre de plus sur la Shoa ? Oui et non, il s'agit bien d'un massacre de masse mais le sujet est ici à la fois plus large et plus étroit.
D'une part Phillippe Claude évite d'être trop précis quand il fait évoquer par son narrateur l'horreur du camp, pas de contexte religieux ou politique clairement défini, on ne parle pas de juifs et de nazis, l'auteur essaye de parler de façon plus générale de la noirceur de l'humanité. Je ne trouve pas que cela soit une réussite, car réduire à un "mouvement de foule" un épisode aussi complexe de l'histoire est un raccourci quelque peu abrupt.
D'autre part il cherche aussi à montrer que la noirceur de cet épisode horrible relève d'une sauvagerie universellement partagée, d'une tare de la nature humaine. Au fond chaque société finirait par en arriver à ce point.
C'est pour le moins discutable.
Reste que le livre est bien écrit, les personnages sont captivants et le cadre bucolique du village est merveilleusement évoqué. Et même si les fondements de l'histoire ne me paraissent pas justes, Claudel réussi à rendre crédible son propos à travers l'histoire d'un village, représentant à lui seul la souillure de l'humanité. Malheureusement le côté folklorique et campagnard à des effets secondaires non désirés : en refermant le livre j'avais un peu l'impression qu'il aurait pu s'intituler "L'holocauste à Hobbitbourg."