C'est l'histoire d'un écrivain qui nous parle de cette chose impalpable qui nous étreint lorsqu'on pense au miracle de l'existence.
Ce petit cocktail d'émerveillement et d'appréhension, cette chose énorme et minuscule qu'on retrouve dans chaque page. Il est bouleversant dans sa capacité à capturer la lumière des petits riens. Il ne se passe pas grand chose dans ce livre, il est le premier à le dire. En ce sens, il m'a fait penser à un autre livre que j'ai lu récemment : "La solitude selon Lydia Erneman" et vraiment si vous avez aimé ce livre, "Le roitelet" ne vous décevra pas.
On y parle parfois avec des fantômes, on apaise nos cœurs auprès des animaux et puis il y a les gens qu'on aime, et puis il y a le roitelet...celui qui donne son titre à ce livre. C'est ainsi qu'il envisage son frère, tel un petit oiseau tout frêle "dont l'or et la lumière de l'esprit s'échappaient par le haut de sa tête". Rongé par les ombres de la schizophrénie, on voit son être se disloquer, son combat quotidien pour ramasser ses propres morceaux et ce ciment d'amour qui lie les deux frères, qui les raccroche à quelque chose de plus grand qu'eux. Quelque chose qui les contient tous les deux, mais qui est aussi la soupe de leur mère, une bicyclette cassée, un oiseau qui s'envole et un beau jardin dont on prend soin. Cet un peu tout, ce beaucoup rien. Cette poésie qui repousse les ténèbres parce qu'elle est indéniablement la porte vers une dimension cachée du monde.
Ce roman nous inonde d'amour et parvient à aborder la santé mentale de la façon la plus humaine et délicate qui soit.