J’ai lu Le Silence et la Colère de Pierre Lemaitre.
Ma fille l’avait lu avant moi et me l’avait très bien vendu, donc je l’ai proposé au club de lecture du Bocal pour le découvrir à mon tour.
Il s’agit du tome 2 d’une saga (il est donc sans doute préférable de lire le tome 1 avant), mais ce n’est pas indispensable : le roman peut se lire de manière autonome. Les intrigues ont leur propre dynamique et pourraient presque constituer une fin en soi, même s’il est évident qu’on reste un peu sur sa faim, puisque l’histoire se poursuit ensuite sur deux autres volumes.
Nous sommes plongés dans la vie de la famille Pelletier : deux frères, une sœur et leurs parents qui vivent à Beyrouth, au début des années 1950. C’est un roman d’ambiance dans lequel on suit ces trois protagonistes à travers des histoires qui se croisent et s’entrecroisent. En même temps, le livre donne aussi un aperçu de la société de l’époque : les mœurs, les désirs et les transformations du monde des années 50.
Sur la forme, c’est pour moi très bien écrit. La lecture est fluide et se déroule tranquillement ; la langue est simple mais efficace, sans jamais être simpliste. L’auteur fait preuve de beaucoup d’ironie, et on sent qu’il est attaché à ses personnages, au point de réussir parfois à nous rendre presque sympathique… un tueur en série.
On suit notamment Jean, qui ouvre un grand magasin à Paris, et sa femme — probablement le personnage le plus odieux du livre. Il y a aussi François, son frère, journaliste spécialisé dans les faits divers, amoureux de Nine (et l’amour est rarement simple dans les romans). Enfin, Hélène, la jeune sœur, qui suit les pas de François et se lance dans l’écriture d’articles sur un village qui va être englouti par un projet d’électricité.
On est donc face à une saga familiale vraiment bien écrite, pleine de secrets, de quiproquos et d’un humour subtil que j’apprécie beaucoup.
Un livre très réussi, autant sur le fond que sur la forme.
Je conseille.