Le Ventre de Paris c'est l'histoire des Grandes Halles de Paris, qui chaque jour reçoivent la nourriture, enfin la bouffe que les Parisiens consomment jusqu'à l’écœurement. Un peu comme l'envers du décor de La Curée et de ses bourgeois insatiables. Zola maîtrise l'art de la description, avec des fulgurances géniales quand il parle, par exemple, de fromages. En revanche il frôle parfois la caricature voir le pastiche; difficile de ne pas se lasser après 10 pages de description de légumes et de ne pas pouffer à l'idée d'une marée de choux-fleurs.
Ce qui manque au Ventre de Paris, c'est une histoire intéressante. Au-delà de l'intrigue vite expédiée et de personnages à l'absence de profondeur paresseuse le roman n'est guère plus intéressant qu'une énième rediffusion d'un reportage dans les coulisses d'un hypermarché.
A mes yeux Le Ventre de Paris est une oeuvre intéressante pour son côté descriptif quasi-documentaire et sa vision d'un Paris à la fois proche et lointain, mais dont la platitude du récit le rend peu intéressant pour qui ne recherche ni l'aspect historique, ni la lecture de l'ensemble des Rougon-Macquart.