Ce roman déroute en ce que ce n’est pas tant Florent que l’on va suivre, mais tout ce qui l’entoure et tous ceux qui l’entourent. Et c’est davantage à ce second plan que l’on parviendra à s’identifier : ces Halles, même si elles n’existent plus, persistent à travers la description que Zola fait de cette foule, de cette saleté, de ces lourdes odeurs de nourritures grasses, de cette atmosphère humide d’un orage d’été qui crève au-dessus de Paris. Dans un second Empire à son apogée, tout se marchande : c’est le triomphe du commerce. L’agent, qui inonde déjà le récit dans La Curée, permet d’acheter n’importe quoi : des mets les plus fins aux restes de nourritures presque avariés. Mais il permet aussi d’acheter n’importe qui et c’est bien ici la trame principale du récit. Au final, Zola établit une description cruelle des égos et des vices de la société du Second Empire et Florent, le héros, loin d'être l'acteur de sa destinée, traverse ce quartier et cette histoire sans jamais vraiment y être à sa place.