Un livre dont à mon sens on ne peut lire que quelques pages à la fois, tellement la haine est palpable. Cette haine qui se distille à travers les confessions au lecteur de fait Denise, petite fille puis jeune femme issue d'un milieu populaire modeste mais tout de même confortable.
Fillette, elle savoure les plaisirs de sa vie d'enfant, explorant les recoins du commerce de ses parents, un café épicerie d'une rue populaire.
De ses jeunes yeux elle magnifie tout : chaque petits grains de crasse du comptoir du bar brillant comme un diamant précieux et rare. Volant des biscuits dans l'épicerie de sa mère, jouant cul nul dans la cour de sa maison. Puis vient l'école et avec ça l'apprentissage d'un mépris de classe dont n'aura ensuite de cesse de se nourrir cette pauvre Denise.
Denise change, Denise méprise et il est devient compliqué, pour le lecteur, au fur et à mesure des pages de la porter dans son coeur.
Un livre fort, un livre militant qui met en exergue le méprit de classe distillé par l'enseignement dans un pays où les gens "du quotidien" qui le font vivre se font appeler "les gens d'en bas" par les dirigeants.
Aussi le personnage fantasme une partie de sa rédemption de classe à travers ses conquêtes masculines qu'elle veut supérieures en classe et en intellect au milieu social d'où elle vient. Sans s'en douter elle reproduit les injections d'une société des années 60 où on nous apprenait bien souvent à nous les femmes que notre salue serait dans le mariage.