Comme le jour se fait lorsque la nuit s’en va

Je ne sais pas comment aborder Les Misérables à travers la rédaction d’un avis critique. Est-ce que les mots suffiront ? Est-ce que je saurai l’aborder ? Par où commencer ? Je n’en sais rien. Les Misérables, ce n’est ni plus moins mon roman préféré, l’œuvre qui a réussi à me marquer profondément trois fois lors de trois périodes différentes de ma vie. Dire que je suis affecté émotionnellement par la simple mention de ce livre est un euphémisme. L’histoire de ces personnages à travers le Paris du XIXe siècle détient toujours assez de puissance émitionnelle pour me toucher.

Victor Hugo a une plume ravageuse, son sens de la poésie et du lyrisme m’en mettent plein les yeux pendant des pages et des pages. Certaines de ses analogies sont monumentales, décrivant avec ce qu’il faut de noirceur et de grandeur la psychologie des personnages. Cette main divine, apogée du talent du colosse exilé, se met au service d’une histoire poignante (les parcours de Valjean, Fantine, Marius, Cosette ou Éponine sont terribles), captivante (le récit avec les Patron-Minette, les batailles sur les barricades…) mais surtout magnifique, une grandiose épopée humaine sur la rédemption, la misère, la révolte, la justice, l’amour dans toutes ses formes ou encore la providence.

Les Misérables, c’est cette fresque de personnages immortels. La vie tumultueuse du béotien Jean Valjean, ne connaissant que la haine pure et le mal avant d’être un père débordant d’un amour maladroit mals pur, dévoué tout entier à la cause du bien grâce à l’évêque Myriel qui lui a changé la vie. Javert, et sa présentation qui me foutra toujours les frissons (Donnez une face humaine à ce chat fils d’une louve, et ce sera Javert) est un impitoyable policier qui n’obéit qu’à la loi, un misanthrope qui ne supportera pas de voir qu’un criminel peut se repentir, Fantine et son innocence annéantie par la crasse morale des humains, Cosette et son enfance brisée, mais qui finit par « avoir en bonheur ce que sa mère a eu en malheur », l’impétueux Marius qui découvre l’amour et recherche le bienfaiteur de son défunt père en plus de se défaire de l’influence de son grand-père maternel, l’excellent Gillenormand. Puis les Thénardier, symboles de la lâcheté et de l’humain cauteleux. Bref, cette galerie de personnages, c’est monumental. Et ce ne sont là que les principaux. Il y a encore Gavroche, Éponine, Enjolras, Gillenormand…

Hugo dénonce l’injustice sociale avec brio, notamment avec le personnage de Fantine, sésuite mar un immense tocard fortuné qui avait parié avec ses potes fils à papa qu’il arriverait à sauter un petite. Les conséquences seront désastreuses, Fantine tombera enceinte, sera abaondonnée et perdra toute dignité humaine pour pouvoir payer le nécessaire à sa fille. C’est sur Fantine que la justice tombera, pas sur ceux qui la tourmentent. Pareil pour Valjean, il est arrêté pour avoir volé un pain pour nourrir sa famille, et sa misère l’emmènera aux galères.

Les Misérables, ça m’a touché quand j’étais ado, boulerversé quand j’étais jeune adulte, et envoûté quand j’ai eu une calvitie. Hugo me foudroie à chaque page, je ne compte plus le nombre de citations que j’ai recopiées, j’ai même eu plusieurs fois envie de jeter le livre contre un mur tellement j’étais frappé de beauté littéraire.
L’image de l’évêque qui lave Valjean de ses péchés et l’exhorte sur Dieu à ne faire que le bien, elle est dans ma tête à jamais. Même les passages pénibles sur les égoûts de Paris et Waterloo, je les aime, parce qu’ils font partie des Misérables.

J’aime ce livre, je le vénère, je vibre pour tous ces personnages, pour cette histoire, je m’extasie devant ces mots, ces sorts, ces destins, cette beauté tragique et humaine qui parvient à rester digne et humble, à l’image du monstre physique au grand cœur qu’est Valjean.

Depuis la première lecture, je suis habité par cette œuvre, il n’est pas rare qu’une situation me fasse penser à un passage des Misérables. Hugo a imprimé son génie en mon âme.

Ubuesque_jarapaf
10

Créée

le 4 sept. 2023

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