Tout le monde connaît plus ou moins les grandes lignes de l’intrigue. Jean Valjean sort du bagne où il avait été déporté pour avoir volé du pain. Recueilli par l’évêque de Digne, il le quitte en emportant son argenterie. Pris de remords, il refait sa vie sous un nom d’emprunt et devient maire d’une commune du Pas-de-Calais. C’est là qu’il rencontre Fantine et lui jure sur son lit de mort de s’occuper de sa fille Cosette. Arrêté par le policier Javert après s’être dénoncé pour éviter qu’un innocent soit condamné à sa place, il s’échappe et parvient à arracher Cosette des griffes des Thénardier. Il va élever l’enfant seul et tous deux vont, au fil des années, faire des rencontres qui bouleverseront leur existence.
On referme ce parpaing de 1600 pages en se disant que l’on vient de gravir un Everest de la littérature mondiale. Le genre de livre qui marque au fer rouge une vie de lecteur. Alors oui, il y a des longueurs, oui il y a des digressions qui semblent aussi inutiles que décorrélées du cœur de l’histoire (sur la bataille de Waterloo, le couvent, l’argot, les égouts, etc.), oui on s’autorise parfois à lire des paragraphes en diagonal mais au final quelle expérience, quel enchaînement de morceaux de bravoure, de scènes inoubliables, d’émotions pures. Les destins misérables se croisent, le drame est partout présent et des figures inoubliables surgissent, Jean Valjean et Gavroche en tête. Ils sont sans doute l’idée qu’Hugo se faisait du peuple, de sa souffrance et des injustices auxquelles il devait faire face. C’est beau, intense, tragique, puissant, généreux, lyrique et épique. Un chef d’œuvre !