Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en me lançant dans ce Monument de la littérature française. C'est un roman dense, parfois exigeant, avec des longueurs, mais malgré ça, il m'a marqué comme peu de livres l'ont fait.
La puissance émotionnelle de certaines scènes m'ont vraiment ému, en particulier le destin de Fantine, qui concentre toute la misère du monde. Son parcours est d'une injustice brutale et révoltante, et Hugo, en sadique ne cherche jamais à adoucir ce qu'elle subit. La scène de sa mort, notamment, est difficile à oublier. C'est vraiment violent. Le genre de moment qui reste en tête longtemps.
Dès le début, on rencontre Fantine. Son destin incarne toute l'injustice sociale du roman. Elle fait tout son possible pour sa fille, elle espère lui offrir une vie meilleure, mais se fait completement exploiter. Sa descente est vraiment dure à lire.
La scène qui m'a le plus marqué, c'est sa mort. Quand elle pense entendre Cosette dans la cour alors que ce n'est pas elle… et qu'elle meurt sans avoir pu la revoir, ça m'a vraiment pris à la gorge. Tout ce qu'elle a fait, tous ses sacrifices, pour au final ne jamais revoir sa fille… c'est vraiment violent.
Jean Valjean est aussi une grande réussite. Il n'échappe jamais vraiment à son passé. Même en essayant de faire le bien, il reste prisonnier de ce qu'il a été. Sa relation avec Cosette apporte un côté humain au personnage: c'est quelqu'un qui s'attache, qui a peur de perdre, qui peut même devenir un peu excessif dans ses sentiments quand Marius entre dans l'équation.
D'une manière générale, tous les personnages sont extrêmement bien définis. Beaucoup sont devenus de vraies figures, que ce soit les Thénardier, Cosette, Gavroche ou Javert. Certains peuvent même paraître archétypaux de nos jours, mais Hugo parvient à décrire leur vraie nature: on comprend leurs motivations, leurs contradictions, et ça les rends attachants, ou détestables.
Là où je reste plus critique, c'est sur les digressions: elles sont souvent intéressantes, mais clairement trop longues, au point de casser parfois le rythme du roman. J'avoue en avoir sauter certaines.
Les Misérables est roman d'une puissance émotionnelle incroyable: un chef d'oeuvre.