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le 4 juil. 2025
SuivreLe terrible secret de l'histoire moderne du Moyen-Orient
Avant de rentrer dans le vif du sujet, qui n'est pas une mince affaire, vous pouvez, si vous souhaitez lire cet ouvrage, le télécharger ici en PDF en anglais:...
Commençons, si vous le voulez bien, par les rares défauts de cet ouvrage. D'aucuns reprocheront, bien évidemment, le manque d'impartialité de Daniel Sibony dans sa posture pro-israélienne. Pourtant, et malgré un ou deux partis pris difficilement tenables moralement, cela ne m'a pas parut choquant ni même outrancier en lisant son argumentaire. Sinon, un peu plus dérangeant, la redondance de certaines idées tout au long de l'ouvrage... Pas de quoi m'en faire tomber des mains le livre non plus.
Et peut-être qu'un peu plus de sources eût été préférable, même si elles sont déjà en belle quantité.
Nous arrivons donc au cœur du livre et de sa psychanalyse: la dualité identitaire, avec d'un côté les Juifs et leur pulsion de la terre promise, et les Arabes et leur pulsion du djihad, héritage du coran.
Ceci est expliqué tout au long du livre avec plusieurs exemples, comme nous le verrons ci-après.
Daniel Sibony insiste sur le fait que le peuple palestinien est l'outil de la Oumma, l'identité arabe, poussés au djihad, les plus extrémistes d'entre eux, l'Etat Islamique, rêvant même d'un Califat, le retour de l'empire... Une des qualités de Sibony est de souvent nuancé son propos, ici en spécifiant: "c'est quand l'événement survient où la Oumma est concernée, qu'on sent chez eux un revirement."
M. Sibony revient également sur certains points de l'Histoire, détaillant la perpétuation du peuple juif grâce notamment au statut peu enviable de dhimmi. Statut paradoxal s'il en fut, obligeant les Juifs à payer pour la Palestine ou pour les protéger de la violence arabe, alors qu'ils ont précisément subi pas mal de pogroms de la part des Palestiniens, et plus largement des Arabes (lire ceci si vous avez le cœur bien accroché: https://www.fondapol.org/etude/les-pogroms-en-palestine-avant-la-creation-de-letat-disrael-1830-1948/)
Il poursuit avec la conviction que les Palestiniens ne veulent pas d’État, ou du moins que c'est une idée très récente, arguant qu'ils ont plusieurs fois refusé cette proposition ou ne l'ont pas demandée à l’Égypte et à la Jordanie lorsque Gaza et la Cisjordanie étaient sous leur protection. Il cite Ehud Barak, militaire de gauche, revenu atterré de Camp David en 2000: "ils ne cèdent sur rien parce qu'ils veulent tout". Barak avait proposé 94% de la Cisjordanie et 3% du territoire israélien, refusé par Arafat.
Et d'une façon générale, l'auteur revient souvent sur le concept de djihad, la "guerre sainte". Avec par exemple cette source: "Pour l'aspect guerre sainte, en 1948, voir l'appel du Comité nationale Arabe à Jérusalem le 8 mars 1948 ordonnant aux femmes et aux personnes âgées de différents quartiers de Jérusalem de quitter leur foyer: "Toute opposition à cet ordre est un obstacle à la guerre sainte et gênera les opérations des combattants dans ces quartiers." Et l'aspect exterminateur, le secrétaire général de la Ligue Arabe l'exprime clairement à la BBC à la veille de la guerre, le 15 mai 1948: " Les arabes ont l'intention de conduire une guerre d'extermination et de massacres capitaux que l'on évoquera comme on évoque les massacres des mongols ou les croisades."
Pour toutes les annonces (mêlant sionisme et identité juive de façon malhabile) des dirigeants arabes, c’est ici: https://www.tribunejuive.info/2023/05/31/une-compilation-realisee-par-bernice-dubois-le-drame-des-anti-israeliens-cest-quils-nont-jamais-ete-capables-dimaginer-une-paix-ou-israel-co-existerait-avec-ses/?amp=1
Tout un programme...
Programme qu'il peut décrire par ses connaissances du monde arabe et du coran. Lequel coran met constamment en porte-à-faux les musulmans entre leur héritage (la haine que voue Allah et sa parole à l'encontre des Juifs, enseignée de génération en génération) et la même parole qui raconte qu'Allah "lui-même" a donné la terre promise aux enfants d'Israël (Sourate 7,137 et 17,104), et qu'ils doivent se battre pour la défendre. Contradiction majeure, donc, d'où certains biais cognitifs...
Quant à la charge morale au vu des événements actuels (nous sommes en 2024), Daniel Sibony nuance encore, déjà du fait que le Hamas se sert de sa population, ce qui j'espère n'aura échappé à personne, mais en rappelant que leurs chiffres ne sont pas fiables (ce qui ne veut pas dire non plus que le gouvernement israélien est irréprochable): "On se souvient de l'épisode où un missile a touché un hôpital de Gaza, le Hamas a aussitôt annoncé 572 morts, et quand il s'est révélé que le missile était arabe, le chiffre fut aussitôt rectifié: 50 morts. Et ceux qui avaient manifesté massivement contre l'horreur d'un massacre d'hôpital n'ont pas rectifié leur élan ; la passion ne se ravise pas."
Au passage, une anecdote relevant le ridicule de l'assertion "le Hamas est un groupe de résistance" (la bise à Rima Hassan): "L'ameutement est entré dans nos mœurs, surtout via les réseaux sociaux à cause du caractère "viral" des invectives ; mais dans le monde arabo-musulman, c'est tout un mode d'être, qui prend sa source dans l'ameutement contre le déviant ou l'apostat. J'ajoute que dans l'arabe de mon enfance à Marrakech, ameuter contre quelqu'un injustement, cela se dit: dresser contre lui le Hamas (qiyem 'lih el hamas) ; et que hamas en hébreu signifie injustice et violence."
Et pour l'absurdité à peine complotiste qui voudrait qu'un plan juif ait été mis en place depuis 1948 pour éradiquer les Palestiniens, lire la page 7 du document des Nations Unies: https://documents.un.org/doc/undoc/pro/nl7/901/02/pdf/nl790102.pdf
Il y aurait bien des choses à dire encore sur ce livre ou ce conflit, pour lequel toute posture morale d'un côté comme de l'autre se révèle très vite bancale. Mais fondamentalement, outre la question finale et inévitable des territoires, que devrait faire l’État d'Israël - puisqu'il est, quoi qu'il fasse, essuyeur de l'opprobre subi, ne pas prendre les devants, se laisser faire face à certains voisins bêlant leur haine ancestrale ?
Pour conclure, et après vous avoir recommandé cet ouvrage éclairant d'un auteur indéniablement intelligent, les problèmes que pose l'islam: "Un jour, le hasard me fit rencontrer un musulman d'une grande lucidité qui démonta en quelques mots les pièges pervers sur l'amalgame et l'islamophobie: "Les gens ne sont pas idiots, personne ne nous interpelle après un attentat, c'est dans notre tête, je veux dire que ça nous regarde, c'est une affaire intérieure: on a peur, non pas d'être dénoncés comme complices, alors même que personne n'a de preuves pour nous en accuser.
- Comment ça ?
- La plupart des musulmans qui vivent à l'européenne, y compris moi, vous diront qu'ils n'ont rien à voir avec les radicaux de l'islam, qu'ils ont leur religion à eux, à base de justice, de charité, de respect de l'autre ; et vous ne pouvez pas les réfuter, c'est imparable.
- Alors où est le problème ?
- Le problème, c'est l'écart entre le discours des fondements et celui de l'apparence ; le premier est plus ou moins caché, le second est imparable, et vous ne saurez jamais à tel moment lequel domine ; nous-mêmes, on ne le sait pas. Mais notre seule présence paisible fait que des gouvernants ou des chefs politiques, pour nous plaire, ne font pas ce qu'il faut et protègent, par exemple le Hamas que par ailleurs ils condamnent ; c'est ainsi que la masse musulmane dite modérée, voire éclairée, obtient protection pour ses éléments radicaux, poussée qu'elle est, quand même, par la malédiction des autres. Ça aussi c'est imparable.
Vous ne pouvez pas reprocher à cette masse de soutenir un groupe terroriste, justement elle ne le fait pas, elle le laisse faire par d'autres ; rien qu'en étant là, elle les oblige à le faire. Eh bien, ça me met en rage ; je voulais prendre mes distances avec l'islam, et je vois que l'islam nous rattrape, qu'il avance en bon ordre, avec son aile radicale et sa masse modérée, qui entretiennent des liens subtils, insaisissables par les esprits grossiers. Le quidam européen se demande pourquoi la religion d'Allah produit des extrémistes aussi régulièrement, et dans les couches les plus diverses. Mais nous aussi, on se pose la question et on a peur de creuser, peur de trouver la réponse. On est saisis dans une identité qu'on a peur de questionner parce qu'on tombe sur du vide.
Par exemple on découvre que les autres, on les nommes "les infidèles", parce qu'ils ont reçu le message et qu'ils l'ont "trahi" en ne devenant pas musulmans, en ne suivant pas le Coran qui leur donnait la vraie version, la sienne, qui est la vraie parce qu'il le dit, bien qu'elle n'apporte rien de plus que l'original qu'elle adapte. Découvrir qu'on a ce genre d'entourloupe comme fondement de vérité, c'est un peu angoissant. Alors on cesse de questionner car on va d'abîme en abîme ; on découvre que les juifs ont "falsifié" la Bible en y effaçant l'annonce faite par Jésus de la venue de Mohammed ; la Bible qui s'est écrite des siècles avant Jésus...
Alors le Coran en veut-il aux juifs de ne pas l'avoir promu ? et de n'avoir pas mis Ismaël en premier(1) ? Autant dire que l'islam en veut à l'autre de ne pas être le même. Eh bien, moi ça me gêne, cette malédiction sur les juifs et les chrétiens, que le Coran traite de singes et de porcs(2), parce que je travaille avec eux, et que je les trouve plutôt convenables ; sans parler de la femme qu'il faut battre si elle résiste. Je souffre d'être responsable d'un texte que je désapprouve."
(1) Sourate 37,104-109
(2) Sourate 5,59-66
Et enfin, pour en finir avec l’anathème d’islamophobie emprunté aux Frères: comme si être contre un bouquin misogyne et antisémite pouvait nous accabler moralement, alors que c’est le contraire qui l’est…
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Créée
le 20 avr. 2025
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le 4 juil. 2025
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