Recueil de nouvelles inégal pour ma part, mais aucune à jeter au fond du tiroir. Certaines m'ont bouleversée, d'autres m'ont fait rire, et d'autres encore m'ont laissée de marbre (l'écriture n'était pas mauvaise, c'est juste que le sujet m'intéressait peu).
Les Nouveaux Déviants, c'est montrer que la littérature horrifique ne se limite plus aux tueurs en série qui enterrent les corps dans la forêt, aux buveurs de sang aux dents longues ou aux ectoplasmes farceurs qui kiffent les jumpscares. Non, les déviants, les vrais, ce sont ceux qui n'arrivent pas — ou plus — à survivre dans cette société, ou qui deviennent les victimes tributaires de la folie du pouvoir, de l'argent, de la mégalomanie obsessionnelle, voire même de la déshumanisation totale de l'être humain. On a droit à une palette de névroses et de psychoses, de victimes, de déni, d'obsession, de déviance, quoi… Et malgré cela, peu de personnages réellement détestables.
J'ai beaucoup aimé : Mary Geli : autopsie d'un dragon filiforme de Raphaël Eymery (qui évoque un animal particulier ayant réellement existé, très original), Deux miracles à Mertvecgorod de Siébert, Adopte un Ténia de DeCharnage. Certains passages de Variations sur l'effroi de l'enfantement de Luna Baruta méritent d'être lus, et les premières pages de Sporco de Jestaire m'ont plu (mais j'ai trouvé l'histoire trop longue, personnellement).
Mais mes gros, gros coups de coeur vont à Rasta Boy de Caussarieu — assez classique, car cela rappelle certaines histoires dignes des Contes de la Crypte, mais le classique reste une valeur sûre ! — ainsi qu'aux nouvelles Une Famille de Sarah Buschmann et Détail des circonstances de Bourlard, qui remportent le trophée, parce qu'elles ont su me bouleverser.