« Les Nuits blanches » est le premier livre de Fiodor Dostoievski que je lis et j’y ai été incité par le visionnage de l’adaptation cinématographique qu’en a fait Robert Bresson, « Quatre nuits d’un rêveur », que j’ai beaucoup appréciée. « Les Nuits blanches » raconte l’histoire du narrateur (s’étalant sur quatre nuits et un matin), un jeune fonctionnaire de Saint-Pétersbourg, hanté par la solitude, qui va faire la rencontre d’une jeune femme nommée Nastienka dont il va tomber amoureux.
Le récit commence par une belle introduction du contexte de la ville où se déroule l’histoire, c’est-à-dire Saint-Pétersbourg, via le regard du narrateur qui voit les habitants déserter la ville et le laisser toujours plus dans sa solitude, lui qui entretient un rapport à distance avec eux sans jamais leur parler, ainsi qu’avec les bâtiments avec lesquels il a des discussions imaginaires.
La relation entre le narrateur et Nastienka commence, selon moi, de manière assez catastrophique, avec une mise en relation assez niaise des deux personnages dans une succession d’événements assez surréalistes. Heureusement, les discussions nocturnes sont de très belle tenue. Leurs interactions sont portées par une très grande qualité d’écriture des dialogues. Il y a un véritable plaisir constant à suivre et à se passionner pour leurs histoires personnelles, ainsi que pour l’évolution de leur relation et de leurs sentiments communs.
La naïveté du narrateur quant à la nature de sa relation avec Nastienka incite à la compassion, du fait de sa totale inexpérience quant aux interactions humaines, lui qui s’est recroquevillé sur lui-même pendant si longtemps. Je suis également admiratif de la fin de l’intrigue, à la fois brutale et dramatique pour le narrateur, qui se définissait comme un rêveur au début de sa relation avec Nastienka et qui voit cette dernière lui échapper brutalement à la manière des réveils tout aussi brutaux qui mettent fin aux rêves qu’il fait et qui lui permettent de s’extirper un temps de la souffrance existentielle que lui cause sa solitude.