Ce que je retiens de Les Ronces, c’est la façon brute de Cécile Coulon de souvent plaquer sa poésie par anaphores. En répétant le titre de son poème comme une incantation, elle fait évoluer son propos selon son humeur tourmentée ou contemplative, voire les deux en même temps. La thématique de ses poèmes va de l’importance de son environnement rural pour elle, la façon d’appréhender son statut d’écrivaine/poétesse mais aussi sa façon si personnelle de vivre le lien amoureux ou familial. On y retrouve des objets totems tels que le train, l’araignée ou la maison isolée par exemple. La lecture de cette poésie souvent e n prose ne laisse pas indifférent mais elle questionne la position d’écriture de Cécile Coulon que vous sentez souvent dans la catharsis, l’urgence d’écrire pour ne pas être submergée par ses propres états d’âme. La poésie sert aussi à s’émerveiller, se réjouir du moment présent et d’avoir l’air d’apprécier l’existence le temps de quelques strophes. Si j’avais à choisir un poème de ce recueil, ce serait Celui ou celle où Cécile Coulon a un regard pour les gens défavorisés par la vie et montre qu’elle peut se détacher de sa personne et de ses préoccupations quotidiennes. Parfois l’illumination se produit et j’ai été content de cette augure un peu tardive.