Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu affaire à un roman dont la lecture fut aussi facile ; des phrases courtes, des phrases simples, sujet-verbe-complément… Une intrigue simple : une enquête sur une jeune adolescente assassinée. Un milieu rural (on est chez les paysans en Bretagne) avec l’éternelle dichotomie, « ceux d’en haut et ceux d’en bas » (la Haute et la Basse Motte). Donc si vous voulez passer deux petites heures (peut-être trois), ce roman est fait pour vous.
Si maintenant vous pensez lire un roman policier, passez votre chemin ; ceci n’est pas un roman policier ! Bien sûr il y a une enquête – et c’est même là que l’autrice fait preuve d’une bonne idée en retranscrivant (en italiques) les interrogatoires subis par les différents protagonistes : la bonne idée c’est que l’on a, en lecture, seulement les réponses aux questions posées par les enquêteurs sans que ces questions apparaissent, ce qui donne une tonalité particulière, et fait apparaître la singularité et le « moi » de chacun des personnages.
Pour le reste, question écriture et étude sociale (de celle du roman noir, quoi ! Du polar !), c’est un peu… court (et des métaphores pas toujours bienvenues). Ou alors, à l’inverse, trop lourd lorsqu’il s’agit de décrire les familles et le milieu des agriculteurs ; l’autrice les charge grossièrement (cruellement ?), les fait « surjouer » (« La soupe fume encore dans la cocotte. On a ajouté de l’eau pour l’allonger et satisfaire les estomacs. La télévision gueule à plein régime des informations que le père écoute d’une oreille tout en fixant son assiette, sa bedaine en accordéon posée contre ses cuisses »), en surajoute dans le primaire (presque des primates ?) et le sommaire (même « la Tata » urbaine est peinturlurée à l’excès). Stéréotypes, mon amour… L’autrice, Mathilde Beaussault, fille d’agriculteurs… des comptes à régler, peut-être ?
Quant au dénouement, c’est la grande déception : l’autrice « externalise » (« et soudain le coupable apparaît sans que rien ne l’annonce ! »).
Je le répète : ceci n’est pas un polar ! C’est tout simplement un premier roman… et pas complètement réussi.