👉 17 juin : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Bouleversant. Démesuré.

Ce sont les deux mots qui me restent à l’esprit une fois ce petit livre terminé. Bouleversant, pour le témoignage et démesuré, pour l’amour qu’on peut y lire.

Evidemment qu’on a un peu de mal à se figurer un amour absolu, inconditionnel et brûlant comme celui-ci. Et pourtant Zweig nous le dépeint si merveilleusement, le texte coule tout seul.
Il coule, comme la douleur de cette inconnue, ses joies qui se font rares, ses déceptions qui n’en sont que plus mortifiantes. C’est étourdissant.

Et toujours cet amour, omniprésent, dans chaque phrase. Rien ne nous écarte de la passion fulgurante de cette femme dont les premiers mots, avant de nous annoncer l’amour, nous annoncent une mort. Funeste présage.

Sous la forme d’une lettre, c’est une vie qui est contée, une vie caractérisée par la force du sentiment, par son absoluité même. Il n’y a pas de demi-mesure dans cette nouvelle, jamais, et la puissance du sentiment rend cette pauvre fillette –puis femme- esclave jusqu’à la fin de ces jours, d’un homme qui nous semble ô combien cruel de n’avoir pas su remarquer ce trésor comme il aurait dû, un homme qui oublie toujours et qui semble repousser le souvenir d’un vague coup de main.

Et pourtant de son point de vue, tout semble devenir acceptable de sa part, tant elle est aveuglée par son amour. Elle ne lui reproche rien, et jamais la rancœur ne se lit dans son discours. Jamais elle ne quitte sa passion ni la douleur qui va avec et l'amère rengaine des débuts de paragraphe « Mon enfant est mort » nous ramène durement à la réalité de sa situation.

Et la prise de conscience de ce romancier est, finalement, bien mince. J’aurais voulu le secouer, cet écrivain.
ManouNyu
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes Ce trou béant dans ma culture que je comblerai un jour, Les livres qui se lisent d'une traite et Ave litterator, hypokhagni te salutant

il y a 9 ans

72 j'aime

10 commentaires

Lettre d'une inconnue
ManouNyu
9

D’Amour à mort

Bouleversant. Démesuré. Ce sont les deux mots qui me restent à l’esprit une fois ce petit livre terminé. Bouleversant, pour le témoignage et démesuré, pour l’amour qu’on peut y lire. Evidemment...

Lire la critique

il y a 9 ans

72 j'aime

10

Lettre d'une inconnue
JZD
10

Critique de Lettre d'une inconnue par J. Z. D.

Juste après Amok, titre phare du recueil, étonnament décevant, juste avant La ruelle au clair de lune, nouvelle sans aucun intérêt, se glissait cette petite lettre d'une cinquantaine de pages,...

Lire la critique

il y a 10 ans

53 j'aime

16

Lettre d'une inconnue
Docteur_Jivago
10

L'unicité de l'Amour.

N’étant pas forcément un lecteur assidu, je décidai quand même de me lancer, durant un voyage en train, dans la nouvelle Lettre d’une Inconnue, dont la transposition en film fut l'une de mes plus...

Lire la critique

il y a 8 ans

53 j'aime

19

L'Écume des jours
ManouNyu
10

Un Vian à lire sur un nénuphar

On m’avait dit, Boris Vian, c’est un type merveilleux qui écrit des bouquins merveilleux. Vraiment, fais pas ta sceptique sans cœur face à l'enthousiasme de tes semblables, lis avant de juger, allez,...

Lire la critique

il y a 9 ans

124 j'aime

17

Broadchurch
ManouNyu
9
Broadchurch

Dans cette série, il y a Rusard sans son chat.

David Tennant. L’argument est là. Tout beau, tout propre (l’argument, hein). On m’a répété depuis je ne sais combien de temps qu’il fallait que je regarde Doctor Who, juste pour David Tennant, soit...

Lire la critique

il y a 9 ans

101 j'aime

24

Rome
ManouNyu
9
Rome

Mon prof de latin m'a spoilée

César, Pompée, Caton, Cicéron. Ils sont pas beaux, ils sont en toge, ils sont romains. Rome, c’est leur histoire, les complots, les jeux de pouvoir, les manipulations politiques. Les petits...

Lire la critique

il y a 9 ans

95 j'aime

18