Emma Becker nous livre donc le bouquin le plus mauvais depuis Yann Moix, c'est dire le niveau.
Il y a le fond et la forme. Déjà, Emma déroge à la règle numéro 1 lorsque l'on parle de sexe, à savoir, qu'il faut nécessairement en montrer le moins possible. Pas par pudeur, mais par nécessité. Parce que de la littérature érotique, on en fait vite le tour, après tout il n'y a pas 50 manières de décrire des couilles et une chatte et au bout du cinquième récit de fellation prodigué avec grand soin, on sent quand même une perte d'inspiration et une certaine lassitude. Emma, pourtant, nous infligera des descriptions roboratives de scènes de sexe qui deviennent aussi anecdotiques que désagréables. Ce n'est ni choquant, ni provocant, simplement lassant.
Et, considérant l'écriture en général, Emma déroge à la règle numéro 1: ne pas s'astiquer le poir... quoique non, mauvaise métaphore, mais enfin, vous avez compris quoi. Parfois, je me demande pourquoi l'auteur français a cette tendance à se regarder le nombril avec autant d'intensité, et surtout pourquoi il veut absolument exprimer sa profonde pensée et sa petite vie de merde. L'inconduite, c'est la vie d'Emma, les baises d'Emma, les courses d'Emma, les voyages d'Emma, bref le monde merveilleux d'Emma où les mecs sont des bites sur pattes, et où les autres femmes n'existent manifestement pas. Emma est donc bien une bourgeoise, ça transpire par tous les pores; les considérations bassement matérielles et les problématiques matérialistes de toute nature sont évacuées, toute trace de refléxion sérieuse sur le féminisme est effacée au profit d'une question bien plus importante: comment Emma va baiser ce soir.
Le style d'Emma Becker est donc l'un des plus désagréable qu'il m'ait été donné de lire; une écriture faussement détachée, qui parle de cul de manière faussement naturelle, pour vendre une fausse profondeur au lecteur (parce que ouais, aussi étonnant que ça puisse paraitre, des gens ont trouvé qu'il y avait une réflexion profonde derrière la grande démonstration de narcissisme que représente ce bouquin). Au fond, quel est le thème de cet opus, pourquoi Emma nous inflige t'elle des scène? La réponse est simple, Emma veut se faire tringler par à peu près tout ce qui porte slip ou boxer, Emma se fait tringler par des mecs médiocres, et du coup, Emma a le blues, sauf à la fin où elle se rend compte qu'en fait, se faire tringler, c'est bien. Rien de plus, rien de moins, juste les médiocrités féminines (enfin, celle d'Emma, les autres meufs n'existent pas on vous a dit) et masculines se répondant.
Et, il parait que certains trouvent ça révolutionnaire, une femme qui parle de désir de manière crue (enfin, Emma est quand même très gentillette, hein, le jour où ces gens liront Rieko Maatsuraa, ils verront flou), mais, les mecs, ou les meufs, sortez un peu de votre entre soi bourgeois, des bouquins sur le sexe écrit par les femmes, il y en a des tas et des tas, vous n'êtes pas obligé de vous taper des lectures poussives.
Mais bon, la France a ce don pour valoriser les auteurs de merde, c'est un fait, et c'est dommage.