7
le 30 déc. 2012
SuivreScanie, hiver 1990
La première des enquêtes publiées du commissaire Kurt Wallander. Cela se passe en Scanie, région suédoise assez isolée où on imaginerait la vie se dérouler de façon plutôt calme. Pourtant, une nuit,...
Un meurtre atroce, d’une violence et d’une cruauté inouïes, attribué à des étrangers, des représailles sanglantes menées dans un camp de réfugiés par un groupuscule néonazi : ce roman, dont l’action se passe en Scanie (sud de la Suède) en 1990, colle vraiment à l’actualité et nous tend, avec 25 ans d’avance, un miroir de nos sociétés contemporaines. Même méfiance, même hostilité chez beaucoup envers les demandeurs d’asile qui fuient la misère ou la guerre. Même rejet d’une politique d’accueil jugée trop laxiste, d’un État présenté comme incompétent, totalement dépassé par l’afflux de réfugiés politiques mais aussi de travailleurs clandestins, de malfrats en provenance de pays de l’Est qui, tous les jours, arrivent en masse sur des ferries traversant la Baltique. Mêmes relents de racisme et de xénophobie, même montée de l’extrême droite. Il ne manque à ce sinistre tableau que la menace terroriste pour que la comparaison soit parfaite avec ce que nous vivons aujourd’hui en Europe.
L’atmosphère de ce premier roman mettant en scène l’inspecteur Wallander est des plus déprimantes : la pluie et le vent rythment les froides journées de janvier, la neige est à venir, redoutée on ne sait trop pourquoi, porteuse d’on ne sait trop quelle apocalypse. Henning Mankell pose un regard pessimiste et désabusé sur la société suédoise : désormais, le modèle scandinave empreint de pacifisme, d’accueil et de tolérance a fait long feu. Wallander est aux prises avec un monde qu’il ne comprend plus, dans lequel les meurtres crapuleux à la violence extrême et gratuite ne se limitent plus aux grandes villes comme Stockholm ou Malmö. Pour ce policier dépressif, largué par sa femme, quasiment sans contact avec sa fille, confronté à la mort imminente de son meilleur ami, l’univers s’effiloche, à l’instar de la santé mentale de son père, touché par la sénilité. Il ne reste plus à cet anti-héros si ordinaire et si humain que le travail, harassant et tenace, l’alcool, la musique et la mélancolie.
Créée
le 4 mars 2016
Critique lue 435 fois
7
le 30 déc. 2012
SuivreLa première des enquêtes publiées du commissaire Kurt Wallander. Cela se passe en Scanie, région suédoise assez isolée où on imaginerait la vie se dérouler de façon plutôt calme. Pourtant, une nuit,...
7
le 4 mars 2016
SuivreUn meurtre atroce, d’une violence et d’une cruauté inouïes, attribué à des étrangers, des représailles sanglantes menées dans un camp de réfugiés par un groupuscule néonazi : ce roman, dont l’action...
7
le 27 juin 2013
SuivreDans ma découverte récente du polar nordique, j'ai appréhendé Mankell, la Suède et son héros récurrent, Kurt Wallander après Arnaldur Indridasson et Arni Thorarinsson les Islandais, Jo Nesbo, le...
9
le 17 avr. 2017
SuivreCertaines expériences de lecture sont particulièrement marquantes. C’est ainsi que je me souviens parfaitement des circonstances de ma rencontre avec L’Adversaire d’Emmanuel Carrère. Le hasard avait...
10
le 23 déc. 2019
SuivreQuelle claque, mais quelle claque ! C’est vrai, j’ai tardé à aller voir Joker, mais voilà : je sors de l’expérience éblouie, ébranlée, totalement chamboulée. Partie pour visionner un bon thriller...
9
le 24 juil. 2018
SuivreQue reste-t-il de soi quand la mémoire irrémédiablement se désagrège et que la conscience de son être prend l’eau de toute part? Que reste-t-il quand des pans entiers de pensée s’effondrent dans...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème