Mickey7, c'est le roman d'Edward Ashton qui a inspiré le film Mickey17 réalisé par Bong Joon-Ho.
Ayant bien apprécié le récit et la forme de narration du film, je me suis demandé si l'œuvre originale était de la même eau.
Conçu sur la même base protéinique, le film correspond bien à l'ADN du roman. La copie n'est pas similaire toutefois, l'œuvre littéraire explorant la place d'un humain et le sens de son existence tandis que la version cinématographique aborde davantage l'aspect politique et éthique des choix effectués. Ce qui ne varie pas en revanche, c'est bien la façon de s'exprimer du héros : ironique voire irrévérencieux, le ton décalé de Mickey s'avère jubilatoire pour octroyer aux scènes tragiques un humour noir de bon aloi.
Les chapitres ont plutôt courts et dynamiques, imprimant à l'ensemble une densité tonique qui donne envie d'enchaîner les scènes. Mickey s'en prend plein la tronche, la survie même de la colonie étant loin d'être acquise. Lorsque Mickey se retrouve à devoir dissimuler l'existence de son double, la tension devient palpable et la base un huis-clos diablement angoissant. Le lecteur aura ici le privilège de découvrir le destin d'autres colonies, aspect totalement laissé de côté par le réalisateur.
Au terme de nombreuses avanies, le héros verra l'épilogue se dénouer d'une façon quelque peu différente de son adaptation cinématographique. Comme j'ai vu le film il y a peu de temps, j'ai ressenti quelques difficultés à distinguer les deux œuvres. Néanmoins, aucun des deux supports ne souffre de la comparaison avec l'autre et ils méritent tout autant d'être découverts pour leurs qualités respectives.