Avant le cultissime LSD dans la culture populaire était la mescaline. Cette substance hallucinogène tirée d'un cactus mexicain prisée des millueux intellectuels au point d'en avoir provoqué des overdoses chez Sartre ou Michaux, qui nous en offre probablement ici l'un des premiers rapports psychonautiques de l'histoire littéraire. Une drogue si iconisée et ritualisée que ledit écrivain lui attribue la majuscule de circonstance ; c'est dire si l'expérience dudit stupéfiant l'a marqué.


Le plus étonnant avec Misérable Miracle demeure sûrement sa publication dans une prestigieuse collection poétique. Même du haut de son statut de poete experimental, un trip report catalogué comme tel ça désarconne. Lyrisme de la formulation et prose descriptive mis à part, la poésie en saille moins que l'impact des impressions qu'il veut restituer.


Même à cet égard, Michaux s'englue un peu dans leur platitude. Complètes, limpides, enivrantes, très suggestives par ailleurs, ces impressions se confondent malgré tout quelque peu avec ses envolées philosophiques, qui ne confinent parfois qu'à la philosophie de comptoir.


Mention tout de même au troisième addendum et son petit clin d'œil aux jeunes drogués occidentaux chez qui je vois un clin d'œil aux tranceux de notre génération genre trente ans à l'avance. Et si deux ou trois blancs-becs avaient traîné Misérable Miracle à Goa dans les années 90 ? Vous ne le savez pas et allez ce soir vous coucher en voyant chez Michaux un potentiel précurseurs de l'Ozora ou du Hadra !

Aldorus
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le 15 sept. 2024

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