Miss Waters semble être un livre mineur dans la bibliographie d'H.G. Wells, mais il a le mérite de faire le lien entre les différentes facettes de l'auteur. Sa veine romantique d'abord, même si la conclusion en est différente. Car chez Wells, la romance doit se plier à la réalité, et les personnages reviennent toujours de leurs illusions. Miss Waters étant une sirène, une vraie sirène avec queue de poisson, difficile ici d'avoir un retour à la réalité. Ce qui nous amène à la deuxième partie de la bibliographie d'H.G. Wells, sa littérature de l'imaginaire. On sait le mal qu'il se donne, souvent, pour placer ses incroyables récits sous le signe du réel le plus prosaïque. Ici, le prétexte est le récit fait par l'un de ses cousins, Melville, témoin et parfois acteur des événements narrés.
Miss Waters est surtout l'occasion pour l'auteur d'écrire une satire bien sentie de la société corsetée anglaise. Le regard que pose la sirène sur ce qui l'entoure dévoile beaucoup d'absurdités, et il y a des pages absolument délicieuses, comme celles narrant le dialogue entre le journaliste d'avenir et le patron du journal.
En définitive, même si ce n'est pas un grand roman, Miss Waters est une curiosité à découvrir, un livre très sympathique.