Mission Basilic
7.6
Mission Basilic

livre de David Weber (1993)

Star Wars, mais écrit par Margaret Thatcher

J’ai lu onze tomes sur la trentaine que compte la saga. Verdict : David Weber écrit pour les anglo-saxons nostalgiques de l’apogée de l’Empire britannique. Ses gentils sont des monarchistes capitalistes, ses méchants des révolutionnaires vaguement communistes – Stéphane Courtois dans l’espace. Et évidemment, les Français révolutionnaires ? Mauvais jusqu’à la moelle. Pas un mot sur les famines coloniales britanniques qui ont décimé l’Inde, mais un florilège de clichés anti-rouges et anti-français.


Le bon et le (très) mauvais

Mission Basilic, premier tome, promettait un univers pré-Révolution avec de belles batailles spatiales. Sur ce point, chapeau : les affrontements sont épiques, dignes d’un Star Wars en mode flotte navale.


Mais pour atteindre ces cent pages de baston ? Préparez-vous à 700 pages de blabla : intrigues politiques gnangnan, romances grotesques et dialogues interminables façon “je te dis ce que je vais te dire, je te le dis, et je te redis ce que je t’ai dit”.


Personnages en carton-pâte

Honor Harrington : héroïne parfaite, monolithique, sans faille. Gentille au point d’en donner la nausée.

Les autres ? Soit caricatures de méchants communistes façon Robespierre/Saint-Just (“oh regardez, on a repris leurs noms !”), soit aristocrates lubriques et incompétents. Weber n’a aucune nuance : bons militaires d’un côté, mauvais militaires de l’autre.


Politique et idéologie au marteau-piqueur

Les Manticoriens (gentils) : monarchie capitaliste modèle.


Les Havriens (méchants) : république semi-communiste, fanatiques, commissaires politiques débiles.


Les messages ? Adieu l’impôt progressif, l’aide aux chômeurs et tout ce qui ressemble à une régulation sociale. Vive le marché, vive l’armée, vive la Reine.


Structure répétitive (11 tomes, copier-coller)

À chaque tome :


Récap du tome précédent.


Honor heureuse.


Méchants qui complotent.


Autres méchants qui complotent.


Bataille mineure → victoire Manticore (technologie supérieure LOL).


Complot méchant, complot méchant, complot méchant.


Nouvelle techno “game changer”.


Grosse bataille finale → victoire Manticore (encore).


Réflexion silencieuse et teasers pour le tome suivant.


Ajoutez à ça une inflation de pages délirante : 300 pages au début, 1000 à la fin.


Pourquoi j’ai continué ?

Les batailles spatiales. C’est beau, c’est fun, ça pète de partout. Et parfois, Weber aborde des trucs intéressants : doctrines militaires inspirées de la Seconde Guerre mondiale, économie, géopolitique (malgré son biais). Le problème, c’est tout le reste : les dialogues, la psychologie, la lourdeur idéologique.


Conclusion

On me l’avait vendue comme la meilleure saga de SF militaire. Perso, je ne décernerai pas ce titre. Lisez plutôt Les Fantômes de Gaunt (Dan Abnett) ou même du Warhammer 40K : plus sombre, plus fun, plus inventif.

Weber, c’est de la SF “Old School” : spectaculaire, mais manichéenne et saturée d’idéologie monarchiste. Si vous aimez les bastons spatiales sans trop réfléchir, foncez. Si vous cherchez de la nuance ? Fuyez.

MrLambda
3
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le 28 juin 2020

Modifiée

le 7 août 2025

Critique lue 681 fois

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7

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